Suite à un procès qui a duré plusieurs semaines, le tribunal correctionnel de Marseille a rendu son verdict concernant un impressionnant réseau de trafic d’armes entre la Corse, le continent, la Suisse et la Sardaigne. Parmi les 22 prévenus, 17 ont été condamnés, avec des peines s'étalant de 2 500 euros d’amende à six années de prison pour le principal accusé.
Le verdict a surpris bon nombre d'observateurs, car il s'écarte des réquisitions du procureur qui avait demandé des sanctions plus sévères, allant jusqu’à dix ans pour certains prévenus. En effet, le tribunal a décidé de ne pas décorer de mandats de dépôt, optant plutôt pour une relâche dans les peines infligées. La présidente a expliqué que le faible niveau de preuve, en particulier l'absence de témoins corroborant les accusations, a joué un rôle dans cette décision.
Six ans de prison pour le chef du réseau
Appien Coti, 36 ans, considéré comme le leader du réseau, a écopé de six années de prison. Son avocat, Me Érick Campana, a dénoncé ce qu'il décrit comme une « tempête répressive », affirmant que son client était simplement un collectionneur d’armes sans intention criminelle.
Avant l’énoncé du verdict, Coti a fait une déclaration inattendue en revendiquant la propriété d'un important arsenal retrouvé dans un immeuble de Propriano. La saisie de cet arsenal a révélé des quantités astronomiques d’armement : selon le procureur d’Ajaccio, les enquêteurs ont mis la main sur 18 kg d’explosifs, 67 détonateurs, une quarantaine de grenades et une vingtaine d’armes à feu, décrivant cette découverte comme "invraisemblable".
Un arsenal « invraisemblable »
Parmi les autres condamnés, un ressortissant suisse a pris cinq ans de prison, dont trois avec sursis, pour avoir fourni des armes à Coti. Selon ses déclarations, il avait acquis ces armes auprès de collectionneurs et de militaires suisses ayant conservé leur matériel après leur service.
Un ancien militaire, identifié par l’accusation comme un fournisseur clé, a été condamné à quatre ans de prison. Lors de son procès, il a révélé qu'il était passionné par les armes, ce qui l’a conduit à s'engager dans ce réseau.
Deux relaxes marquantes ont également été notées : l'entrepreneur en BTP sard, décrié pour son rôle dans l'approvisionnement depuis la Sardaigne, a été acquitté malgré des réquisitions sévères, tout comme Joseph Mocchi, accusé dans une affaire distincte de tentative d'assassinat. Selon des experts en droit, ces relaxes soulèvent des questions sur la capacité du système judiciaire à traiter de tels cas complexes.
Cette affaire met en lumière les défis persistants concernant le contrôle des armes en Corse et soulève des préoccupations quant à la sécurité publique. Il reste à voir comment les autorités comptent gérer ce phénomène à l'avenir.







