Une trentaine d'agriculteurs se sont rassemblés ce vendredi à Linguizzetta pour alerter sur un phénomène préoccupant : l'accaparement des terres agricoles sur cette commune. Les syndicats Via Campagnola et A Mossa Paisana, à l’origine de cette mobilisation, accusent la Préfecture de ne pas appliquer les réglementations en vigueur.
Jacques Filippi, vice-président de Mossa Paisana et également président de la Safer, a exprimé le problème clairement : "Nous faisons face à un grave souci d'accaparement des terres par des familles qui sont en train de créer des trusts". Cette déclaration fait écho aux préoccupations d’un groupe d'agriculteurs qui s'est constitué ce 20 février près de terrains à Linguizzetta, considérés comme accaparés par une famille. Les syndicats exigent une réévaluation de la situation par la Préfecture de Corse, plaidant pour une application stricte des normes existantes.
D’après les syndicats, le contournement des règles établies par la Société d'Aménagement Foncier et d'Établissement Rural (Safer) se fait au travers d'arrangements de baux avant achat des terres. "Cela vide le mécanisme de régulation de son sens", ont-ils dénoncé, précisant qu’une "inertie de l'État" facilite cette situation d’abus.
Jean-Dominique Musso, un autre acteur du secteur, a ajouté : "Dès qu'une surface agricole excède 57 hectares, un contrôle devrait s'appliquer". Il souligne que l'État ne convoque plus la commission responsable d'évaluer les demandes d'autorisation d'exploiter. Musso interpelle sur l’avenir de l'agriculture en Corse, évoquant la nécessité d'une autonomie alimentaire et d'un soutien à la production locale. "La spéculation sur les terres agricoles est aujourd'hui un enjeu majeur à ne pas négliger", conclut-il.
L’agriculteur ciblé par ces accusations a préféré garder le silence, tandis que la Préfecture n’a pas encore répondu aux demandes de clarification.







