À Paris, le président Emmanuel Macron a lancé un appel urgent à l'Union européenne pour qu'elle renforce la "pression" sur la Russie dans le cadre du conflit en Ukraine. Ce lundi, il a souligné la nécessité d'adopter un 20e paquet de sanctions, actuellement freiné par la Hongrie.
"Nous devons persévérer dans l'augmentation de la pression sur la Russie", a affirmé Macron aux côtés de son homologue finlandais, Alexander Stubb. Alors que la guerre en Ukraine entame sa cinquième année, cette déclaration résonne comme un impératif politique, notamment en prévision de l'anniversaire de l'invasion russe prévue mardi.
La Commission européenne a proposé un nouveau "paquet" de sanctions en réponse à l'agression russe. Ces mesures visent à être discutées par les ministres des Affaires étrangères juste avant l'anniversaire de la guerre. Cependant, Viktor Orban, le Premier ministre hongrois, a signalé son intention de bloquer ces sanctions jusqu'à ce que son pays obtienne la reprise des livraisons de pétrole russe via un oléoduc endommagé qui traverse l'Ukraine.
Emmanuel Macron a aussi exprimé son engagement à mettre en place un prêt de 90 milliards d'euros en faveur de l'Ukraine, un projet accepté par l'UE en décembre dernier, bien que là encore, la Hongrie s'oppose en raison de la situation énergétique.
L'intervention d'Alexander Stubb a jugé l'offensive russe comme un "échec stratégique", tant sur le plan militaire qu'économique pour Vladimir Poutine. Il a noté que l'expansion de l'Otan, comprenant désormais la Finlande et la Suède, était à l'opposé des intentions russes. "Poutine n'a pas voulu voir l'Otan s'élargir, et pourtant, c'est ce qui se passe", a-t-il déclaré.
Les deux dirigeants ont également mis en avant la nécessité de renforcer la défense européenne, notamment dans l'Arctique, face à des ambitions croissantes de la Russie et de la Chine, ainsi que celles des États-Unis concernant le Groenland.
Ils participeront aujourd'hui à une visioconférence avec leurs homologues des pays baltes et nordiques pour discuter de la sécurité en Arctique, dans le cadre du groupe NB8, alors que les tensions autour des visées américaines sur le Groenland révèlent une compétition géopolitique de plus en plus aigüe.







