La situation commerciale américaine semble un véritable capharnaüm, oscillant entre différentes mesures de droits de douane depuis le retour au pouvoir de Donald Trump. Le 20 février, la Cour suprême des États-Unis a annulé une part significative des droits de douane imposés par Trump, arguant qu'il avait outrepassé ses pouvoirs constitutionnels. Pourtant, l’ancien président ne ménage pas ses efforts pour relancer le protectionnisme, en instaurant de nouvelles surtaxes de 10 % sur des importations qui pourraient bientôt atteindre 15 %.
Le passage de relais entre Biden et Trump
À la fin de 2024, l’administration Biden maintenait déjà des droits de douane sur des milliards de dollars d’importations. Cela a notamment été le cas pour l'acier et l'aluminium, où les taxes respectives sont restées à 25 % et 10 %, comme le souligne la Fondation Ifrap. Même après le passage de relais, l’objectif demeure le même : protéger l’industrie américaine sous couvert de la compétition mondiale sans provoquer une crise économique.
Un retour explosif au protectionnisme
Après son retour à la Maison-Blanche, Trump adopte une posture plus agressive. En février 2025, il invoque l’IEEPA (International Emergency Economic Powers Act) pour imposer des droits de douane irrévocables, frappant fortement le Mexique et le Canada. En avril, des taxes réciproques sont mises en place pour rééquilibrer les échanges, ce qui crée des tensions avec de nombreux pays.
Pour l’économiste Olivier Pastré, la stratégie de Trump pourrait aboutir à des conséquences imprévues. "Les droits de douane affectent directement le pouvoir d'achat des consommateurs américains, et sa volonté de protéger les industriels américains a souvent été en contradiction avec cette réalité", affirme-t-il à 20 Minutes.
Accords politiques et tensions commerciales
Après des mois de négociations, un accord laborieux a été signé en juillet 2025, le Turnberry deal. Ce dernier établissait un plancher de 15 % sur la plupart des biens européens, bien que l’acier et l’aluminium demeurent soumis à des droits de 50 %. L’Union européenne s'est engagée à investir massivement aux États-Unis pendant le mandat de Trump.
Une cour suprême aux conséquences inattendues
Le coup de théâtre du 20 février 2026 où la Cour suprême limite l'utilisation de l’IEEPA par Trump oblige celui-ci à réagir rapidement. Il recourt à la loi de 1974 (Trade Act) pour instaurer une nouvelle taxe de 10 % sur une vaste majorité de biens. Ce niveau pourrait encore être intensifié, provoquant une nouvelle vague d'incertitudes sur les marchés.
À présent, les entreprises et les exportateurs demeurent dans une impasse, cherchant désespérément clarté alors que l’Union européenne suspend toute coopération tant que le flou persiste. Olivier Pastré résume la situation de manière limpide : "Pour les chefs d'entreprise, vivre dans cette incertitude au quotidien est un défi difficile à surmonter, surtout en matière de trésorerie."







