Pékin (AFP) – Friedrich Merz, le chancelier allemand, a pris ses fonctions en 2025 pour sa première visite officielle en Chine, un partenaire commercial clé pour l'Allemagne, mais de plus en plus vu comme un concurrent dangereux.
Arrivé mercredi avec une délégation de leaders industriels, Merz a été accueilli avec des honneurs militaires par le Premier ministre Li Qiang au Palais du peuple avant de s'entretenir avec le président Xi Jinping. Ce voyage de moins de deux jours se concentre sur des sujets essentiels comme l'économie et la sécurité.
Dans un contexte international tendu où les États-Unis sous Donald Trump redéfinissent leurs alliances et instaurent des barrières douanières, l'économie allemande ressent la pression d'une concurrence croissante de la part des entreprises chinoises, tant sur leur marché local qu'à l'étranger.
Avant son départ, Merz a plaidé pour une relation commerciale plus équilibrée, mettant l'accent sur le besoin d'une "concurrence loyale". Alors que les chefs de Volkswagen, BMW et Mercedes l'accompagnent, il est conscient des défis qui se profilent alors que des marques chinoises, notamment dans le secteur des voitures électriques, gagnent du terrain en Europe.
Vers un partenariat équilibré
Merz est programmé pour assister à des présentations de véhicules autonomes par Mercedes et visiter le pôle technologique de Hangzhou, y compris le groupe de robotique Unitree et Siemens Energy. Cependant, le climat de méfiance grandit en Europe face à la montée des restrictions commerciales imposées par la Chine, comme l'interdiction récente d'exporter des puces électroniques vers le vieux continent après un conflit avec les Pays-Bas.
Le chancelier a précisé ses attentes : "Nous voulons un partenariat avec la Chine qui soit équilibré, fiable et équitable". Cette position s'inscrit dans la stratégie de "de-risking" adoptée par l'UE, visant à minimiser les dépendances risquées vis-à-vis de Pékin.
Néanmoins, l'Allemagne continue de dépendre en grande partie de ses exportations vers la Chine, malgré une montée alarmante du déficit commercial avec un accroissement de 22 milliards d'euros l'an passé, atteignant environ 89 milliards d'euros, un développement similaire à celui observé dans d'autres pays européens.
Alors que cette dynamique économique se complexifie, Michael Laha, expert de la Société allemande de politique étrangère (DGAP), souligne que l'industrie allemande, notamment dans le secteur des machines-outils, pourrait encore jouer un rôle crucial : "Les Chinois ne sont pas encore au même niveau que nous dans cette industrie".
Par conséquent, la relation entre l'Allemagne et la Chine pourrait évoluer vers un schéma de coopération plus mesuré, alors que les enjeux géopolitiques se renforcent et que la concurrence devient de plus en plus féroce.
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