Le décès tragique d’un jeune Palestinien-Américain à Mukhamas, en Cisjordanie occupée, le 18 février, illustre un cycle de violence incessant autour de ce village, menacé par plusieurs avant-postes de colons israéliens. Ces établissements, souvent déclarés illégaux par les autorités israéliennes, sont régulièrement détruits, mais les colons persistent à les reconstruire.
Mukhamas, situé au nord-est de Jérusalem, est l'un des nombreux villages palestiniens confrontés à des attaques récurrentes de colons. Le 18 février, Nasrallah Mohammed Jamal Abu Siam, jeune homme de 19 ans, a été tué par un colon.
Le village est entouré par cinq avant-postes de colons, tous jugés illégaux par les autorités israéliennes. L’un d’eux, baptisé “Kol Mevaser”, a été démoli à plusieurs reprises depuis sa création en 2025, selon le quotidien Haaretz, mais les colons reviennent systématiquement dans l’heure qui suit la démolition.
Le climat de violence ne laisse aucune répit aux familles bédouines, notamment celles vivant en marge de Mukhamas. Abdel (pseudonyme), un habitant, a relaté une attaque survenue en janvier :
“Une vingtaine de colons nous ont attaqués. Ils ont détruit les fenêtres et les portes, lançant du gaz lacrymogène à l’intérieur. Ils ont brûlé notre maison, brisé nos barils d'eau. Tout a disparu.”
Abdel a dû reconstruire son habitat plusieurs fois, mais son logement a été incendié à nouveau peu après. Des vidéos qu’il a fournies illustrent les dommages causés par ces agressions répétées.
À proximité, Mahmoud (pseudonyme) se bat lui aussi contre les agressions des colons. Il témoigne :
“Ici, les agressions ne cessent jamais. Ils ont volé tout notre bétail, laissant notre famille sans ressources.”
Les témoignages des victimes se multiplient. Après avoir été attaqué, Abdel raconte que l'armée israélienne s'est présentée, mais sans intention de protection :
“Quand je leur ai demandé de me sécuriser, ils m’ont répondu : ‘On ne te protégera pas.’”
Sa maison a été reclassée “zone militaire fermée”, ce qui complique la reconstruction des habitations à chaque intervention. L’organisation israélienne de défense des bergers palestiniens, Herd of Justice, confirme que les autorités militaires empêchent toute aide pour la reconstruction.
Cette situation, selon Yonatan Mizrachi, co-directeur du projet “Settlement Watch” à l’ONG israélienne Peace Now, reflète un manque de volonté politique. Il note que
“Les mesures exécutées pour évacuer les avant-postes sont souvent superficielles. En fin de compte, les colons reviennent, et les agressions continuent.”
Ce tableau sombre est corroboré par un rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, qui évoque un nettoyage ethnique en cours à Gaza et en Cisjordanie. Les violences enregistrées ne cessent d’augmenter, avec plus de 1 000 Palestiniens tués en Cisjordanie depuis le 7 octobre 2023, selon l’OCHA.
Dans ce contexte de vulnérabilité, les habitants de Mukhamas combattent un quotidien fait de peur et d'incertitude. Leurs voix, étouffées par la répression, réclament désespérément une assistance et une protection.







