Une enquête accablante vient de faire surface concernant l'assassinat d'Hichem Miraoui, un Tunisien tué à Puget-sur-Argens (Var) en mai 2025. Des messages racistes, laissés par le suspect Christophe B., révèlent un état d'esprit profondément troublé, contradictoire avec sa défense. "J'viens de niquer du bicot" est l'une des déclarations déconcertantes envoyées à son neveu peu après le meurtre, que l'AFP a pu consulter.
Sur ce même répondeur, Christophe B. déclarait : "J'veux qu'la France se réveille", des propos qui ont provoqué une onde de choc au sein de la communauté locale et des experts en droit. Ce Français de 54 ans fait face à des accusations de meurtre inspirées par des idéologies d'extrême droite, une première en France. Il est actuellement en détention provisoire, mis en examen pour l'assassinat d'Hichem Miraoui et pour plusieurs tentatives d'assassinat, motivées par un racisme avéré.
Lors de son interrogatoire, qui a été relayé par BFMTV, Christophe B. a tenté de se défendre en déclarant : "On ne peut plus rien dire sans être traité de raciste". Pourtant, les mots qu'il a choisis semblent, selon Mourad Battikh, l'avocat de la famille de la victime, témoigner d'un mépris sans équivoque pour la vie humaine. Ce dernier rappelle que ces propos, entendus après l'acte, adressent une violence supplémentaire à l'entourage du défunt.
Une violence plus profonde
Les vidéos et messages postés par Christophe B. avant et après l'incident ajoutent une dimension de terreur à cette affaire. "Ce soir on dit stop aux islamiques de mes deux" et d'autres phrases menaçantes témoignent d'une volonté manifeste de cibler des personnes en fonction de leur ethnicité.
Tandis que les enquêteurs explorent le passé et le contexte social du suspect, David Andic, l'avocat représentant deux des victimes, rejette la thèse d'une simple querelle de voisinage. Pour lui, les preuves accumulées et le message laissé après les tirs montrent clairement une volonté raciste.
Lors d'auditions précédentes, Christophe B. a mentionné qu'il s'était attaqué aux personnes qui l'avaient le plus irrité récemment. Pourtant, il admet à peine connaître ses victimes. De plus, il déclarait qu'il ne tirerait pas sur les forces de l'ordre, soulignant une étrange perception de la notion de compatriote.
Surpris de sa détention, il avait pris avec lui ce soir-là un armement considérable : quatre armes à feu et plus de 1.000 cartouches. Douze impacts de balles ont été retrouvés sur le corps d'Hichem Miraoui. Réda Ghilaci, l'avocat de Christophe B., n'a pas souhaité commenter cette affaire.
Dans ce climat tendu, les réactions de la société française se manifestent. La marche blanche en hommage à Hichem Miraoui a rassemblé de nombreux citoyens, demandant justice et réflexion sur les motivations qui sous-tendent une telle violence. L’affaire soulève des préoccupations quant à la montée des discours de haine en France, des faits que les autorités ne peuvent plus ignorer.







