Avec l'intensification des conflits au Moyen-Orient, les appels chez Ron Hubbard, entrepreneur spécialisé, ne cessent d'affluer. "Souhaitez-vous un abri anti-bombes ou un abri anti-tornades?", interroge-t-il ses clients.
"Nous avons constaté une forte demande depuis le début des hostilités, particulièrement dans les pays du Golfe", précise Ron Hubbard, 63 ans, à l'AFP. "Le timing de l'ouverture de nos bureaux à Dubaï, juste deux jours avant le début de la guerre, a été idéal pour saisir cette opportunité."
Au Texas, à Sulphur Springs, Atlas Survival Shelters, la société de Hubbard, reçoit des commandes venant du Qatar, du Pakistan et des Émirats. Un client à Dubaï souhaite un abri capable de protéger une famille durant cinq ans.
Alors que Donald Trump prétend que l'offensive sera éphémère, la crainte persiste, et bon nombre de personnes cherchent à sécuriser leur refuge.
"La demande atteint des niveaux jamais vus auparavant", insiste Hubbard, déterminé à répondre aux attentes croissantes du marché international.
Pour s'adapter à cette demande, Atlas accorde des licences à des entreprises locales afin d'optimiser la production et de réduire les coûts.
- "Armageddon ou pluie de missiles" -
La tendance ne se limite cependant pas aux régions de guerre. Un intérêt croissant pour ces infrastructures est également observé aux États-Unis.
Dans l'usine, une vingtaine d'abris, basés sur des designs de conteneurs en acier, attendent d'être expédiés. Hubbard anticipe un chiffre d'affaires dans les deux prochains mois qui surpasserait celui des trois dernières années.
Atlas a déjà réalisé des abris pour des personnalités comme Andrew Tate et Kim Kardashian, tout en travaillant également pour le patron de Meta, Mark Zuckerberg. Chacun de ces clients avait commandé leur refuge bien avant l'escalade actuelle des tensions.
Un abri basique, conçu pour un petit groupe survivre une semaine sous terre, coûte environ 25 000 dollars. En revanche, les modèles sophistiqués, destinés à une utilisation prolongée, peuvent atteindre plusieurs millions, selon les provisions et les installations systématiques que les propriétaires souhaitent intégrer.
"Cela dépend si vous vous préparez à l'Armageddon ou simplement à un tir de missiles", affirme Hubbard, dont les constructions sont adaptées à chaque scénario potentiel.
Les abris peuvent être construits en béton sur le terrain ou assemblés dans l'usine puis livrés aux clients.
- Chambre de désinfection -
"Un abri contre les radiations nécessite une profondeur d'un mètre. Ce n'est pas l'abri en soi qui vous protège, mais la terre qui le recouvre", précise-t-il, avant d'ajouter qu'il préfère souvent creuser encore plus pour une sécurité maximale.
Ces infrastructures incluent des portes hermétiques et des chambres de désinfection pour nettoyer les personnes exposées à des contaminants.
L'intérieur est souvent équipé comme un appartement moderne, avec des installations telles qu'un salon, une cuisine, et même des salles de bain. Certains abris ont aussi des zones de stockage d'armes.
Chaque projet est pensé pour garantir une autonomie énergétique, filtration de l'eau, et connectivité. En cas de panne, un système de ventilation manuel permet de maintenir un air frais.
"Personne ne considère plus cela comme une folie ; tout le monde se sent concerné par la nécessité d'un abri anti-aérien face à l'incertitude qui nous entoure", conclut Ron Hubbard, soulignant l'évolution des mentalités face aux crises globales.







