Une nouvelle tournure dans l'enquête sur l'incendie tragique du bar Le Constellation à Crans-Montana a émergé. Jacques Moretti, l'un des copropriétaires, a remis une facture indiquant que la mousse acoustique utilisée dans l'établissement aurait été achetée sur un site allemand plutôt que dans une grande surface locale. Ce développement coïncide avec l'enquête toujours en cours, qui vise à élucider les motifs d'incendie par négligence, ainsi que d'homicide et de blessures corporelles graves.
L'incendie, survenu lors des festivités du Nouvel An, a causé 41 décès et laissé 115 personnes blessées. La mousse acoustique, initialement installée au plafond du Constellation, se retrouve au cœur de l'enquête. Une facture retrouvée dans le chalet des propriétaires attise la curiosité des enquêteurs, qui l'avaient négligée lors de leur perquisition. Selon des sources judiciaires, Jacques Moretti a lui-même remis cette facture au procureur.
Jusqu'à présent, Jacques Moretti avait soutenu que l'achat des plaques de mousse acoustique s'était fait dans une grande surface de bricolage locale en 2015, lors de la rénovation de son bar. D'après ses témoignages, il avait basé ses choix sur les recommandations d'un vendeur concernant la résistance au feu.
Cependant, le 20 février 2026, une surprise de taille : Moretti s'est présenté de son propre chef aux enquêteurs pour leur remettre une facture d'un fournisseur allemand, contredisant ses déclarations antérieures. En précisant que sa mémoire l'avait trahi en raison du volume d'achats réalisés durant les travaux, il a suscité scepticisme et interrogation sur les motivations réelles de ses déclarations.
Pour aller plus loin, la Suisse a effectué une demande d'entraide judiciaire auprès de l'Allemagne afin d'examiner la validité de la commande passée par Moretti et d'analyser les spécificités du produit acheté. Le fournisseur en question continue de proposer la même mousse acoustique, qu'il décrit comme ininflammable, adaptée aux environnements professionnels tels que les restaurants.
L'incendie, causé par des étincelles de bougies « fontaine », a mis en lumière de graves lacunes dans les normes de sécurité en vigueur. Le Ministère public a la tâche complexe de clarifier les circonstances de cet incident tragique, ainsi que de s'assurer que les propriétaires ont respecté les normes de sécurité. La commune, elle, a reconnu qu'aucun contrôle incendie n'avait été réalisé depuis six ans, bien que de tels contrôles soient obligatoires chaque année.
Actuellement, l'enquête se concentre sur neuf individus, incluant Jacques et Jessica Moretti, ainsi que les responsables du service de sécurité de Crans-Montana, visés par des accusations d'incendie par négligence et homicide.







