Sur les terres viticoles de Patrimonio, une commune de moins de 1000 habitants située au cœur de la Conca d'Oru, la campagne pour les élections municipales de 2026 est marquée par un duel surprenant entre deux anciens alliés : Jean-Baptiste Arena et José Poggioli. En 2014, ces deux hommes avaient su unir leurs forces pour remporter ensemble la mairie, alternant depuis lors au poste de maire.
Cette situation prend un tournant inattendu lorsque, à quelques heures de la date limite de dépôt des candidatures, José Poggioli annonce sa propre liste, défiant ainsi le maire sortant, Jean-Baptiste Arena, qui est également le président de la chambre régionale d'Agriculture. Comme le rapporte Corse Matin, cette opposition n'est pas simplement une question de rivalité personnelle, mais s’inscrit dans un contexte politique et générationnel plus large.
Une rupture aux différentes inspirations politiques
Jean-Baptiste Arena ne cache pas son étonnement face à cette séparation. "Il y avait des rumeurs sur une éventuelle candidature de José depuis plusieurs mois. Nous, la jeunesse du village, avions décidé de prendre notre avenir en main”, confie-t-il. Arena, ancien conseiller territorial avec Core in Fronte, souligne que depuis quelques années, Poggioli semble proche d’un courant de droite contre l’autonomie Corse, une position qui a été renforcée par son soutien public du député François-Xavier Ceccoli.
Pour sa part, Poggioli réfute ces accusations, affirmant qu'Arena a cherché à éviter toute rencontre constructive pour parler du futur. "J'ai essayé de le rencontrer pendant six mois pour discuter de la nouvelle mandature, sans succès. C'est pourquoi j'ai pris l'initiative de faire ma liste". Il s’interroge également sur les arguments d’Arena concernant l’âge, soulignant que 30 % des habitants de Patrimonio ont plus de 60 ans.
Des visions opposées sur l’avenir de la commune
Le débat sur l’aménagement d’une friche industrielle à Patrimonio cristallise encore les tensions. Arena plaide pour la création d’un marché de producteurs, alors que Poggioli souhaite développer un plus grand espace commercial. Ce dernier rétorque que le projet de marché de producteurs vient de lui et se dit déconcerté par le fait que ses intentions soient interprétées comme celle d’un promoteur de grande surface.
Dans ce climat de méfiance, l’ancien duo semble finalement irréconciliable. Le 15 mars, les électeurs auront la responsabilité de choisir entre deux visions divergentes pour l'avenir de Patrimonio. Cette élection pourrait redéfinir le paysage politique local et déterminera le futur de cette charmante commune viticole.







