Située à environ 30 kilomètres des côtes iraniennes, l'île de Kharg a été frappée par les forces américaines le 13 mars dernier. Ce site stratégique est essentiel pour Téhéran, car il représente près de 90% de ses exportations de pétrole brut.
Considérée comme un point focal de la situation géopolitique actuelle au Moyen-Orient, l'île de Kharg avait jusque-là échappé aux cibles des attaques israélo-américaines depuis le début du conflit. Cependant, Donald Trump a récemment annoncé des frappes qui ont "complètement détruit" plusieurs installations militaires sur l'île.
Dans un message partagé sur son réseau social Truth Social, Trump a précisé : "J'ai choisi de ne pas détruire les infrastructures pétrolières de l'île," tout en avertissant que cela pourrait changer si l'Iran continuait à menacer la liberté de circulation maritime dans le détroit d'Ormuz.
Malgré les frappes, l'agence de presse iranienne Fars a rapporté qu'aucune infrastructure pétrolière n'avait été endommagée. Les attaques visaient principalement les défenses militaires de l'île, notamment la base navale Joshan et la tour de contrôle de l'aéroport.
Kharg, une île de terre broussailleuse équivalente à un tiers de Manhattan, est le principal terminal d'exportation de pétrole brut d'Iran. Selon un rapport de JP Morgan, son développement a été significatif durant l'expansion pétrolière des années 1960 et 1970, particulièrement parce que les eaux environnantes sont souvent trop peu profondes pour accueillir de grands superpétroliers.
Une station-service pour les Gardiens de la Révolution
Le général Trinquand, dans une interview à RTL le 14 mars, a déclaré : "C'est une véritable station-service : des conduites de pétrole y arrivent, et les navires viennent pour charger et s'en aller. C'est le coffre-fort des Pasdaran [Gardiens de la Révolution]. Couper leurs revenus est essentiel. Maintenant, la question est : les Américains vont-ils aller plus loin?" Ces événements soulignent les ramifications géostratégiques croissantes autour d'une île qui est vitale tant pour l'économie iranienne que pour la stabilité de la région.







