Les conflits armés génèrent des émissions de gaz à effet de serre, notamment via les avions de chasse et les navires de guerre. Selon Benjamin Neimark, chercheur à l'Université Queen Mary de Londres, "les appareils militaires américaines et israéliennes fonctionnent au kérosène, tandis que la marine continue de consommer une grande quantité de diesel". Cela ne représente qu'une part des dommages. Des études, comme celle publiée dans *One Earth*, révèlent que les hostilités à Gaza auraient causé 33 millions de tonnes d'équivalent CO2, un chiffre comparable aux émissions annuelles d'un pays comme la Jordanie.
De plus, l'impact sur l'environnement est amplifié par les pratiques destructrices telles que le ciblage des raffineries, qui libèrent des polluants atmosphériques. Les sites pétroliers, frappés pendant le conflit, génèrent des émissions 130 à 400 millions de tonnes d'équivalent CO2, rappelle Neimark. Ce phénomène pourrait se reproduire en Iran si les infrastructures pétrolières sont attaquées.
Transition énergétique et pressions économiques
La guerre influe également sur la transition énergétique, avec une hausse des prix du pétrole qui pousse les consommateurs à se tourner vers des solutions énergétiques durables. Andreas Rüding, de l'Institut du développement durable, note : "L'augmentation des coûts des énergies fossiles peut inciter à adopter des alternatives décarbonnées et électriques, comme l’ont montré les tendances après l'invasion russe en Ukraine." Cependant, un impact immédiat se traduit par une réduction de la demande qui pourrait temporairement limiter les émissions.
Pollution et santé publique
Outre les effets climatiques, les confrontations militaires entraînent des relâchements de substances toxiques, menaçant la santé humaine et environnementale. Mathilde Jourde, de l'Institut de relations internationales et stratégiques, souligne que des infrastructures cruciales, comme les sites énergétiques et nucléaires, subiront des dommages environnementaux significatifs.
Doug Weir, du CEOBS, met en garde : "Des centaines de sites dans la région sont à risque de pollution. Les infrastructures pétrolières en particulier soulèvent d'importantes inquiétudes de pollution marine et terrestre dans le Golfe Persique." Ces considérations soulignent l'urgence d'évaluer l'impact des conflits militaires non seulement sur les populations, mais aussi sur notre environnement, fragile et interconnecté.







