La paix au Liban paraît plus éloignée que jamais. Mercredi, le Hezbollah a fermement rejeté toute forme de négociation « sous le feu » avec Israël, qui a intensifié ses frappes contre le groupe pro-iranien. D'après le dernier bilan du ministère de la Santé libanais, ces frappes ont causé la mort de 1 094 personnes, dont 121 enfants, et ont laissé plus d'un million de déplacés depuis le 2 mars dernier.
Dans un communiqué relayé par la chaîne du Hezbollah, son leader, Naïm Qassem, a qualifié toute négociation dans ces conditions de « capitulation », s'opposant ainsi à l'appel du gouvernement libanais pour établir un dialogue avec le pays voisin. Il a exhorté les autorités à reconsidérer leur position qui criminalise les actions militaires de son mouvement, suite à une décision prise début mars.
Sur le terrain, le Hezbollah a affirmé avoir mené plusieurs attaques contre les troupes israéliennes alors que ces dernières tentent de s'étendre le long de la frontière. Selon des sources militaires, la formation pro-iranienne a tiré plus de 100 roquettes sur des cibles israéliennes dans les localités frontalières de Naqoura et Qawzah.
Netanyahou et l'élargissement de la zone tampon
Parallèlement, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a déclaré que le pays est en train d'élargir sa « zone tampon » au Liban pour neutraliser la menace des missiles du Hezbollah. « Nous devons transformer la situation en profondeur », a-t-il ajouté lors d'une intervention médiatique.
La veille, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a précisé que les forces israéliennes étaient mobilisées à l'intérieur du Liban pour établir une ligne de défense avancée jusqu'au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière.
Des frappes israéliennes intensifiées à Beyrouth
Dans le même temps, l'aviation israélienne a ciblé la banlieue sud de Beyrouth, considérée comme un bastion du Hezbollah. Un correspondant de l’AFP a rapporté que la zone avait été touchée par des frappes, laissant derrière elle des ruines et des débris relate Le Monde.
D'ailleurs, un communiqué officiel indique que deux secouristes ont été victimes d'une frappe israélienne dans le sud, portant le nombre de soignants libanais tués depuis le début des hostilités à 42. Ce bilan alarmant a été vivement dénoncé par les autorités sanitaires qui parlent d’une entrave aux opérations de secours.
Un appel urgent de l'ONU
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a plaidé mercredi pour une cessation immédiate des hostilités, exhortant le Hezbollah à arrêter ses attaques et Israël à interrompre ses frappes. « Nous ne voulons pas que la situation au Liban se transforme en un nouveau Gaza », a-t-il averti.
Dans la ville historique de Tyr, qui est désormais minée par les conflits, environ 20 000 personnes, dont 15 000 déplacés, se sont réfugiées dans le quartier chrétien. Khalil, un habitant, a affirmé : « Nous n’abandonnerons pas notre terre, nos cœurs sont ici », illustrant la résilience face à la crise actuelle.







