À un an de la présidentielle, la droite et le centre peuvent-ils décréter l'union sacrée face à un possible duel RN-LFI ? L'appel à une candidature unique de dizaines de personnalités semble très compliqué à mettre en place.
« Je me contrefous de sauver les partis », a lancé sans détour la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon (Renaissance) sur LCI dimanche 29 mars 2026, à l'attention des leaders politiques, notamment Bruno Retailleau des Républicains.
Le Vendéen, candidat pour 2027, a soutenu que « ce qui risquerait de mener à la fin de LR serait l'absence de notre parti aux élections ». Il a par la suite étonnamment rejeté toute « synthèse molle, en continuité avec le macronisme », s'opposant à l'appel lancé par 90 personnalités de droite et du centre dans La Tribune Dimanche. Des parlementaires, ministres et anciens ministres, allant de Renaissance à LR, en passant par le MoDem et Horizons, appellent leurs dirigeants à « dialoguer » et « construire » un « large rassemblement ».
Un terrain difficile pour l'unité
Cependant, l'idée d'une candidature unique semble ardue à réaliser, en raison des ambitions divergentes et des différences stratégiques entre les leaders. Le ministre des Affaires étrangères et membre du MoDem, Jean-Noël Barrot, a exprimé ses réserves concernant le timing : « il serait imprudent de se précipiter vers des rassemblements de partis ; une période d'affirmation est nécessaire », a-t-il déclaré sur France 3.
Il est également difficile de visualiser une collaboration entre Gabriel Attal, dirigeant de Renaissance, et Bruno Retailleau. Attal a d'ailleurs reproché à Retailleau des positions qui « glissent vers l'extrême droite », tout en proposant un « comité de liaison » avec Horizons et le MoDem, sans LR.
Cette scission au sein de la droite offre un avantage aux oppositions : « Ce sont des groupes qui n'ont pas beaucoup en commun et qui visent seulement à maintenir leur position », a affirmé le député RN Jean-Philippe Tanguy lors d'une interview sur BFMTV.
La ligne politique à adopter sera un enjeu tout aussi crucial que la méthode de désignation d'un candidat commun, avec un débat entre partisans d'une primaire et ceux favorables à une sélection via des sondages. Gérard Larcher, président du Sénat, plaide pour une primaire de la droite et du centre et pour un candidat commun d'ici « novembre ». Un proche de Gabriel Attal fait preuve d'optimisme : « Ce qui importe, c'est qu'il n'y ait pas cinq candidats à la fin », tout en notant la forte avance d'Édouard Philippe, « candidat depuis un an et demi ». Un sondage Elabe publié récemment indique que Philippe est, parmi les figures de sa formation politique, le seul à potentiellement battre l'extrême droite au second tour, une situation déjà jugée préoccupante. Comme l'a souligné Maud Bregeon, « douze mois, c'est long » et « cela ne résout pas la question de l'unité ».
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