En visite au salon du livre à Paris ce vendredi, le président de la République a réagi aux remous qui agitent le monde de l’édition après le licenciement du PDG de Grasset, Olivier Nora.
Le président Emmanuel Macron a déclaré ce vendredi 17 avril qu'il était « très important d’exprimer » et de « défendre » le « pluralisme éditorial » en France. Cette déclaration intervient alors que l’édition française traverse une crise sans précédent suite au départ du PDG de Grasset, Olivier Nora, que de nombreux auteurs blâment sur Vincent Bolloré, l'actionnaire principal.
En effet, 170 écrivains ont décidé mercredi de quitter cette maison d’édition emblématique. « Pensée pour tous ces auteurs et pour Monsieur Nora », a commenté Emmanuel Macron à la presse lors de sa visite au salon.
« L’éditeur, ce n’est pas simplement celui qui imprime des livres »
Macron a souligné l'importance de la liberté des auteurs, du rôle de l'éditeur et de leur éthique dans le paysage littéraire français. « L’éditeur, ce n’est pas simplement celui qui imprime des livres, c’est un esprit, une maison qui fait partie du patrimoine littéraire. C’est cette chaîne humaine qui importe », a-t-il ajouté.
Il a également évoqué la nécessité de réfléchir à une « clause de conscience » pour les écrivains, sans toutefois prendre de décision claire.
La réaction du président a été bien accueillie par Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, qui a salué cet engagement sur X, déclarant : « Content de voir le président Macron intervenir à son tour contre l’opération Bolloré chez l’éditeur Grasset. Le pluralisme éditorial sera rétabli si nous gagnons en 2027 ».
« Nous refusons d'être les otages d’une guerre idéologique »
Dans une lettre ouverte puissante, ces 170 écrivains ont exprimé leur refus de publier de nouveaux ouvrages chez Grasset, dénonçant une « atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale » de la maison d’édition.
« Nous refusons d’être les otages d’une guerre idéologique visant à imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias », affirment les signataires, qui incluent des figures majeures de la littérature comme Virginie Despentes, Sorj Chalandon et Bernard-Henri Lévy.
Antoine Gallimard, un éditeur historique, a réagi dans une tribune au Monde, affirmant que la solidarité avec Olivier Nora et ses auteurs doit être totale : « Leur résistance est un acte de courage ».
Enfin, le Syndicat de la librairie française a ajouté que le limogeage de Nora représente une étape significative dans l'assujettissement du groupe Hachette par Vincent Bolloré, marquant un tournant potentiellement préoccupant pour l’avenir de l’édition en France.







