Le président français, Emmanuel Macron, entreprend ce lundi 27 avril une visite en Ariège, axée sur des questions de réindustrialisation et de santé, avant de s'engager en tant que coprince d’Andorre pour une rencontre de deux jours, au cours de laquelle le sujet épineux de l'avortement sera également abordé.
La première étape du voyage se déroulera à Lavelanet, où Macron inaugurera l’usine Occitanie Géotex, une installation innovante dédiée à la production de géotextiles à partir de matériaux locaux comme le chanvre et la laine. Ce projet vise à soutenir l’économie locale tout en répondant aux besoins en construction et agriculture.
Ensuite, le président se dirigera vers le site hospitalier de Lavelanet, récemment achevé dans le cadre du plan Ségur de la santé mis en place en 2020. Ce site, selon l'Élysée, illustre l'engagement du gouvernement dans la lutte contre la “faible densité médicale”.
Après ces engagements en Ariège, Macron mettra le cap vers Andorre-la-Vieille pour une série de discussions sur divers sujets. En tant que coprince d'Andorre, une fonction qu'il partage avec l'évêque d'Urgell, Mgr Josep-Lluis Serrano Pentinat, il continuera une tradition établie par ses prédécesseurs.
L'IVG est passible de prison
Historiquement, Andorre est l'une des rares nations européennes à interdire totalement l'interruption volontaire de grossesse (IVG), même dans des situations critiques telles que le viol ou les risques pour la santé de la mère. La question de l'IVG a déjà été soulevée par Macron lors de sa précédente visite en 2019, et cette fois encore, il devrait aborder cette question délicate.
Xavier Espot Zamora, le chef du gouvernement andorran, a récemment exprimé son espoir d’une éventuelle dépénalisation de l'IVG d'ici un an, bien que cette mesure n'implique pas une légalisation formelle. La situation est compliquée, car toute modification dans la législation doit faire l'objet de négociations avec le Saint-Siège, ce qui rend le processus complexe et long.
Selon Espot, “Ce n'est pas que notre société soit plus conservatrice que celles de France ou d'Espagne, mais en raison de notre structure politique unique.”
"Avec franchise"
Macron devrait adresser la question de l'avortement avec transparence lors de ses réunions avec son homologue andorran et le coprince. La présidence française a souligné que le président a toujours défendu le droit des femmes à disposer de leur corps et qu'il est probable qu'il mette en avant cette position.
Outre la question de l’avortement, la visite inclura également des discussions sur l'accord d’association avec l’Union européenne, un sujet majeur nécessitant un référendum en Andorre. Macron est déterminé à encourager cette démarche, comme l'a affirmé son entourage.
Andorre, bien que petite en superficie, attire de nombreux visiteurs grâce à ses stations de ski et sa fiscalité avantageuse. La principauté a entrepris des réformes fiscales depuis sa sortie de la liste des paradis fiscaux de l'OCDE en 2010, visant à établir un cadre fiscal modéré.
Enfin, Emmanuel Macron prévoit de discuter de la transition écologique et des projets d'investissement d'EDF dans une centrale hydroélectrique durant sa présence dans la région.







