Après six mois de travaux sous tension, la commission d'enquête sur l'audiovisuel public se prépare à un vote crucial sur le rapport de Charles Alloncle, député UDR et allié du RN. Ce rapport, qui suscite des controverses, sera soumis à un scrutin dont l'issue demeure incertaine.
Les membres de la commission se sont réunis lundi pour discuter de l'avenir des vidéos d'auditions de la commission, qui devraient rester accessibles sur le site de l'Assemblée, indépendamment du vote sur le rapport contesté.
Pour que le rapport devienne public dans une semaine, une majorité des 30 membres de la commission doit voter en sa faveur. Bien qu’un rejet soit rarissime, les tensions qui ont marqué les travaux et les réactions des parlementaires rendent le pronostic difficile.
Interviewé sur RMC, M. Alloncle a affirmé qu'il ne céderait pas au "chantage" autour de certaines suppressions dans le rapport, mais espère trouver un consensus. La majorité des députés de gauche s’oppose fermement au rapport, qualifiant les propos de Alloncle de "mensonges" et de "parti pris". Selon Boris Vallaud, ce document a une approche "partial et malveillante", semblable à un "pamphlet idéologique", une opinion partagée par d'autres groupes d'opposition.
Les écologistes, eux aussi, critiquent la démarche de M. Alloncle, déclarant qu'il a "dévoyé" le rôle d'une commission parlementaire. Du côté des centristes, les députés Renaissance et MoDem ont prévu de s'abstenir lors du vote. Les voix du RN et potentiellement d'une partie des Républicains pourraient appuyer le rapport, tandis que Horizon reste hésitant.
Le rapport de presque 400 pages comprend environ 80 propositions, avec des recommandations drastiques, telles que la suppression des chaînes France 4 et France TV Slash, vouées au public jeune, afin de réorienter les ressources vers une nouvelle offre numérique. Les amalgames de chaînes évoqués incluent une fusion entre France 2 et France 5 pour créer une grande chaîne généraliste.
Le député propose également une stricte neutralité des figures publiques dans l'audiovisuel et un retour à la nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par l'Élysée, ce qui suscite de vives critiques parmi ses collègues. Certains députés s'interrogent sur la capacité de l'Assemblée à approuver un rapport basé sur des méthodes perçues comme malhonnêtes.
Ayda Hadizadeh, députée socialiste, a réclamé deux votes distincts : l’un sur l’intégralité du rapport et l’autre sur la publication des recommandations soutenues uniquement par Charles Alloncle. Ce dernier a averti que ne pas publier le rapport serait une "faute démocratique". Dans un entretien accordé au magazine JDNews, lié au milliardaire Vincent Bolloré, il a appuyé ses critiques sur l'audiovisuel public.
The Monde a signalé que Lagardère News, propriété du JDD, aurait proposé des questions à poser lors des auditions, faisant émerger des accusations de lobbying. M. Alloncle a relativisé en affirmant que le lobbying est ancré dans le fonctionnement de l'Assemblée. Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission, a soulevé des préoccupations quant à des tentatives d'ingérence sans précédent.
Radio France, dont le fonctionnement a été ciblé par des questions suggérées par Lagardère, a exprimé le besoin d'éclaircir les hypothétiques collusions cherchant à déstabiliser un concurrent.







