Visite d'Emmanuel Macron en Andorre : le rôle surprenant de co-prince du micro-État

Emmanuel Macron, coprince d'Andorre, explore ses enjeux et son histoire fascinante.
Visite d'Emmanuel Macron en Andorre : le rôle surprenant de co-prince du micro-État
Emmanuel Macron s'est rendu lundi en Ariège avant de se diriger vers Andorre. AFP/Valentine Chapuis

Le président français s'apprête à effectuer une visite de deux jours dans le micro-État pyrénéen d’Andorre, où il porte avec fierté le titre de coprince. Cette fonction, qui remonte à un traité féodal signé au XIIIe siècle, soulève l'intérêt tant historique que contemporain.

Emmanuel Macron sera à Andorre ce lundi pour aborder des sujets sensibles, tels que l'accès à l'avortement et l'accord d'association avec l'Union européenne. Au cours de ce séjour, il recevra également la Croix des Sept Bras, la plus haute distinction honorifique de la principauté.

Double suzeraineté

La position singulière de coprince d'Andorre est le fruit d'un accord historique connu sous le nom de "paréage", établi en 1278 entre le comte de Foix, au nom de la France, et l’évêque d’Urgell, en Espagne. Cet arrangement a permis d'éradiquer des conflits territoriaux et de fonder un principe durable de double suzeraineté.

Avec le temps, les droits de l'ancien comte de Foix se sont transmis à la Couronne de France. Depuis la Révolution française, chaque président de la République française devient automatiquement co-prince d’Andorre, un héritage constitutionnel qui perdure. Charles de Gaulle a établi la tradition selon laquelle chaque président doit visiter Andorre durant son mandat ; Emmanuel Macron avait déjà eu cette opportunité lors de son premier quinquennat.

Aux côtés de Macron, l’évêque d’Urgell, Mgr Josep-Lluis Serrano Pentinat, joue également un rôle de co-prince, ce qui accentue le caractère unique et symbolique de l'État andorran.

Fonction honorifique

Néanmoins, bien que Macron et l’évêque partagent ce titre prestigieux, leur rôle est essentiellement symbolique et ne comprend pas de gestion quotidienne du pays. Selon la Constitution andorrane, "Les co-princes sont le symbole de la continuité de l’Andorre, garantissant son indépendance et l'équilibre avec ses voisins."

Depuis l'adoption de la Constitution de 1993, Andorre est une démocratie parlementaire, dirigée par un chef de gouvernement élu. Les co-princes conservent néanmoins plusieurs fonctions institutionnelles, comme celle de valider les lois ou de représenter la principauté à l'international.

Bien que cette principauté soit connue pour ses splendides pistes de ski et sa fiscalité avantageuse, elle a également su évoluer, sortant de la liste des paradis fiscaux de l’OCDE en 2010. Depuis, des taxes modérées ont été mises en place, bien en deçà de la moyenne européenne, attirant ainsi une population de résidents diversifiés.

Lire aussi

Le gouvernement débute ses consultations sur le projet de loi antisémitisme
Le gouvernement français entame des consultations pour un projet de loi contre l'antisémitisme, suite au retrait de la loi Yadan. Associations et élus s'engagent dans ces discussions cruciales.
14h37
Hommage à Paul Pelen : Grans dévoile sa nouvelle avenue
La ville de Grans inaugure l'avenue Paul Pelen, en hommage à son ancien maire et médecin.
14h06
Visite d'Emmanuel Macron en Andorre : le rôle surprenant de co-prince du micro-État
Emmanuel Macron en Andorre : découvrez l'héritage du coprince et le rôle symbolique de cette mission.
13h33
Audiovisuel public : tension avant le vote crucial du rapport, Charles Alloncle dénonce la désinformation
Le rapport sur l'audiovisuel public fait débat. Charles Alloncle s'insurge contre des fausses informations avant le vote crucial.
11h25
À la recherche d'une voix unique pour la gauche : Boris Vallaud évoque l'avenir
Boris Vallaud, président du groupe socialiste, partage sa vision d'une gauche unie en vue de 2027. Découvrez son point de vue sur les primaires et la nécessité d'un projet commun.
09h51
La nécessité d'une union des droites : entre défis et opportunités
Découvrez l'interview de Christophe Gomart, qui plaide pour l'union des droites en vue de l'élection présidentielle de 2027. Analyse des enjeux et de la position de Bruno Retailleau.
08h54