Qualifiant les auteurs de la tribune de "masochistes" et de "mauvaise foi", Lisnard a exprimé son mécontentement lors d'une interview au festival de Cannes. Il a affirmé que ces derniers "mordent la main qui les nourrit sans contrepartie idéologique." Ce festival, réputé pour sa célébration du 7ème art, devient ainsi le théâtre d'un vif débat sur le rôle des financiers dans l'industrie cinématographique.
Interrogé par Libération, Lisnard a mis en avant l'absence d'ingérence de Vincent Bolloré dans le travail des créateurs financés par Canal+. Selon lui, "Canal+ est le premier financeur, et il est reconnu qu'il n'y a aucune ingérence sur les films projetés." Les films présentés à Cannes, poursuit-il, illustrent que le cinéma actuel ne s'inscrit pas dans une mouvance d'extrême droite.
"J'espère que cette polémique va retomber parce que le cinéma français a besoin de Canal+", a-t-il ajouté, appelant à mettre fin à ce qu'il estime être du "dénigrement".
Il est indéniable que Canal+ constitue un pilier majeur du financement cinématographique en France, avec une prévision de 160 millions d'euros en 2026 et 170 millions en 2027. Toutefois, cette situation est mise en question par les signataires de la tribune, parmi lesquels des noms célèbres comme Swann Arlaud et Juliette Binoche. Ils dénoncent l'ascension d'un "projet civilisationnel, réactionnaire d'extrême droite" voulu par Bolloré à travers ses médias, comme CNews.
Dans cette atmosphère tendue, Maxime Saada, le patron de Canal+, a annoncé vouloir boycotter les signataires, affirmant qu'il ne souhaite plus collaborer avec ceux qui le traitent de "crypto-fasciste". Cette décision a également suscité l'inquiétude du président du CNC, qui a regretté les implications sur la liberté d'expression et la critique constructive.
"Le droit à la critique est fondamental, et il est alarmant de voir sa remise en question", a-t-il commenté sur France Inter.
Pour finir, David Lisnard insiste sur l'importance de ne pas soustraire le débat à la liberté d'expression. "Il est essentiel de s'exprimer et de condamner les lignes politiques, mais cela ne doit pas être synonyme de dénigrement", conclut-il, laissant entendre que ce conflit pourrait bien persister bien au-delà de ce festival.







