Taïwan se retrouve au cœur des tensions américano-chinoises à la suite des récentes déclarations de Donald Trump. En affirmant son opposition à l'indépendance de l'île, le président américain a ravivé un débat intense parmi les Taïwanais, divisés entre ceux qui prônent une résistance ferme face à Pékin et ceux qui plaident pour un rapprochement prudent avec la Chine.
Le journal Chungkuo Shihpao, dans son édition du 18 mai, résume bien cette situation complexe à travers trois articles qui analysent les retombées du sommet Trump-Xi Jinping, qui s'est terminé le 15 mai à Pékin. Le quotidien critique notamment le président taïwanais Lai Ching-te pour sa position perçue comme ambiguë : “Il prône l’indépendance de Taïwan le jour, mais adopte un ton plus modéré le soir”. En effet, lors d'une réunion au sein de son Parti Démocratique Progressiste (PDP), Lai a déclaré :
“Il faut défendre le statu quo de la République de Chine – la question de l’indépendance de Taïwan ne se pose pas.”
Ce flou est une caractéristique du régime taïwanais, qui désigne officiellement l'île comme la République de Chine, positionnant ainsi Taïwan dans une zone d'incertitude entre la Chine continentale et l'indépendance. “Nous sommes vos égaux, mais Taïwan nous appartient”, a récemment fait savoir Pékin aux États-Unis, développant ainsi la pression sur Taïwan dans le contexte international.
En revenant sur les propos de Trump, ce dernier a affirmé qu'il n'approuvait pas “quiconque aille vers l’indépendance”, en soulignant que les armements promis à Taipei étaient suspendus. Ce climat d'incertitude suscite des interrogations dans l'île : les États-Unis abandonneraient-ils Taïwan en cas de conflit avec la Chine ?
Face à cela, le débat public à Taipei s'intensifie. Le maire de la capitale, Tchang Wan-an, issu de l'opposition Kuomintang, questionne le bien-fondé des aspirations indépendantistes du gouvernement actuel.
“N'est-il pas temps de supprimer le programme indépendantiste du parti au pouvoir ?”exige-t-il, appelant à réfléchir à un éventuel rapprochement. Tchang, petit-fils de l'ancien président-dictateur Tchang Kaï-chek, suscite ainsi des controverses en défendant l'idée qu'il préfère “être chinois dans la paix” qu' .







