Une étude récente du think tank Terra Nova, publiée le 18 mai, révèle qu'au moins 16% des électeurs ont utilisé une intelligence artificielle pour les aider à prendre leur décision lors des élections municipales. Bien que ce phénomène demeure minoritaire, il souligne une évolution significative des comportements électoraux.
Lors du premier tour des élections municipales du 15 mars 2026, l'importance croissante de l'intelligence artificielle dans le processus électoral a surpris de nombreux observateurs. L'enquête, réalisée auprès de 4 145 votants dans des communes de plus de 3 500 habitants, révèle que 16% des électeurs ont affirmé avoir recours à des outils d'IA pour affiner leur choix. Cela va bien au-delà d'une simple curiosité technologique et témoigne d'une acceptation croissante de ces outils dans le cadre de la démocratie.
En effet, l'usage des intelligences artificielles s'est intensifié en seulement trois ans, avec près de la moitié de la population française maintenant familière avec ces technologies. Malgré cela, l'usage des IA dans le milieu électoral reste encore relativement limité : 7% des électeurs ont confirmé avoir été encouragés dans un choix préexistant, 5% ont modifié leur décision grâce à l'IA, et 4% ont utilisé ces outils faute de meilleure option.
La fabrique du vote : une influence encore inégale selon les profils
Derrière ces chiffres, les disparités parmi les différentes tranches de la population sont évidentes. L'adoption de ces outils varie considérablement, présentant des lignes de fracture sociales et générationnelles claires. Les hommes semblent plus enclins à utiliser ces ressources, avec 20% contre 10% chez les femmes. Les jeunes de 18 à 24 ans, représentant un alarmant 35%, contrastent fortement avec le maigre 1% observé chez les plus de 75 ans. De plus, l'usage de l'IA est plus prononcé dans les zones urbaines que dans les zones rurales, atteignant des niveaux de 22% dans l'agglomération parisienne par rapport aux 7% des zones rurales.
Néanmoins, une chose demeure certaine : l'IA reste loin derrière les sources traditionnelles d'information. En effet, 59% des électeurs se réfèrent encore aux tracts, 57% aux professions de foi, 47% aux discussions avec leurs proches et 32% aux réseaux sociaux.
Jean-Daniel Lévy, directeur du département Politique & Opinion chez Toluna Harris Interactive et auteur de l'étude, explique que cette disparité peut être due à la proximité entre élus et citoyens dans les petites communes, limitant ainsi le besoin d'outils d'intermédiation. Cependant, il souligne également le potentiel d'une future influence croissante de l'IA dans la sphère politique. « Une influence sur 5% des électeurs peut avoir d'importantes conséquences politiques », prévient-il, rappelant l'importance d'examiner comment ces outils façonnent les informations et, par conséquent, les choix politiques.







