Claire Thoury a été élue présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese) mercredi, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste. Son élection s'est faite à l'issue d'un scrutin secret où elle a obtenu 97 voix contre 74 pour sa concurrente Dominique Carlac'h, une entrepreneuse, et elle occupera cette fonction jusqu'en 2031.
Dans sa déclaration après l'élection, Thoury a exprimé son désir de transformer le Cese en un acteur clé durant ces temps difficiles, souhaitant que l'institution réponde aux enjeux du moment avec une réactivité accrue. Elle a précisé vouloir que le Cese s'inscrive pleinement dans l'actualité politique, soulignant l'importance de sa mission pour conseiller le gouvernement et le Parlement.
Dominique Carlac'h, pour sa part, avait proposé de créer un "observatoire des tensions" et d’établir une production réactive de rapports suivis d'impacts concrets pour le Cese, souvent considéré comme une structure obscure. Les membres du Cese sont représentés par 52 conseillers issus des syndicats, un nombre identique pour les organisations d'employeurs, tandis que les autres siègent pour des associations ou des organismes environnementaux.
Agée de 36 ans, Claire Thoury présidait auparavant le Mouvement associatif, qui regroupe plus de 700 000 associations en France. Elle était soutenue par presque tous les syndicats et une partie significative du mouvement associatif, ainsi que par la Mutualité française et l’Udes, représentative des employeurs de l’économie sociale.
Face à elle, Dominique Carlac'h, 57 ans, dirigeante d'un cabinet de consultants et ancienne vice-présidente du Medef, a bénéficié des soutiens de plusieurs organisations patronales notables, renforçant ainsi la concurrence pour ce poste clé.
- **Divergence constructives** -
La nouvelle présidente devra naviguer à travers un climat de critiques concernant l’efficacité et le coût de fonctionnement du Cese, remises en question par la commission des Finances de l’Assemblée nationale ainsi que par la Cour des comptes. D’ailleurs, environ 70 dirigeants syndicaux et associatifs ont récemment défendu la nécessité du Cese pour favoriser le dialogue et les compromis, en mettant en avant son coût modeste qui ne représente qu'environ 0,006% du budget de l'État.
Il y a quelques mois, le député LR Philippe Juvin avait même proposé d'abolir le Cese, arguant que cela faisait partie de ces dépenses que l’État ne pouvait plus supporter dans le contexte financier actuel. À ce sujet, l'ancien président du Cese, Thierry Beaudet, a rappelé que malgré une baisse de budget de 44 millions d'euros à 34 millions d'euros sur cinq ans, l'inflation avait largement dépassé les 15% sur la même période.
Depuis la réforme de 2021, qui a fait du Cese la chambre de la participation citoyenne, l'institution a tenu trois conventions citoyennes, bien que leurs résultats aient été jugés limités. Concernant les 140 avis rendus par le Cese ces dernières années et parfois jugés trop consensuels, Claire Thoury a affirmé qu'il est essentiel de "défendre les divergences quand elles sont constructives", marquant ainsi son intention de renouveler le rôle de cette institution.







