L’ouverture d’une enquête judiciaire pour des supposés détournements de fonds publics au Havre met en lumière des doutes croissants autour de la campagne présidentielle d’Édouard Philippe, qui se heurte déjà à des critiques quant à son rythme jugé lent, à quelques mois du scrutin.
Un juge d’instruction a été désigné pour examiner les allégations de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêt et malversations, comme l’a révélé le Parquet national financier (PNF) à l’AFP.
Ces accusations, portées par une ancienne fonctionnaire locale, ont été signalées en septembre 2023. Une enquête du PNF a ensuite été ouverte, marquée par des perquisitions en avril 2024, avant qu’elle ne dépose une plainte en juin 2025.
Édouard Philippe, ancien Premier ministre et candidat à l’élection présidentielle de 2024, conteste fermement ces allégations. Son fidèle allié, Christophe Béchu, a clairement indiqué sur Public Sénat que cette situation n’était qu’une relance d’une vieille affaire sans fondement. Selon lui, “deux ans d’enquête n’ont débouché sur rien” et l’introduction de la plainte récente n’est qu’un nouvel acte procédural.
Interrogé, le maire d’Angers a balayé l'idée d'une menace judiciaire pesant sur la campagne d'Édouard Philippe, affirmant ne pas croire à une évolution de cette affaire. Cependant, le risque d'une mise en examen reste tangible, rappelant les mésaventures judiciaires de François Fillon lors de la précédente présidentielle.
Les sondages actuels montrent qu’Édouard Philippe pourrait être un sérieux concurrent face au Rassemblement national, que ce soit avec Marine Le Pen ou Jordan Bardella.
La plainte vise également Stéphanie de Bazelaire, adjointe en charge de l’innovation, et Claire-Sophie Tasias, directrice des services de la communauté urbaine havraise. Elle questionne les éventuels liens d’intérêt entre Philippe et de Bazelaire, qui aurait bénéficié d’un soutien financier en échange d'une gestion de la Cité numérique.
La question de la légalité de la convention signée en 2020, principalement pour l’animation de la Cité numérique, est désormais sur le tapis. Cette association, créée pour gérer des projets dans ce domaine, a reçu un financement considérable dû à l'appel d'offres lancé par les autorités locales.
Cette turbulente actualité judiciaire survient peu après la réélection de Philippe au Havre et tandis que son parti, Horizons, s’apprête à entamer sa campagne présidentielle. Une réunion publique à Paris est prévue le 5 juillet, précédée de diverses initiatives pour mobiliser les électeurs.
Cependant, ce tempo attentiste soulève des interrogations parmi les membres du bloc central, alors que d'autres figures comme Gabriel Attal avancent activement dans la course. Une source proche du leader de Renaissance a dénoncé ce manque d’engagement d’Édouard Philippe, suggérant qu’il aurait dû s'engager davantage auprès des députés et élus pour se positionner en tant que candidat incontesté de la droite et du centre.







