La désignation d’Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France est loin de faire l’unanimité. Les élus du Rassemblement National (RN) et de La France Insoumise (LFI) expriment une vive opposition, considérant cette décision comme un « verrouillage » du système politique par Emmanuel Macron. L’ancien secrétaire général de l’Élysée a été auditionné ce mercredi matin par le Sénat et l’Assemblée nationale, un processus qui a révélé la méfiance envers sa nomination.
Malgré une majorité de voix contre (58 contre, 52 pour), sa nomination n'a pas été bloquée, la barre des trois cinquièmes des suffrages étant difficile à atteindre. Emmanuel Moulin prendra ses fonctions en juin, succédant à François Villeroy de Galhau pour un mandat de six ans, renouvelable une fois. Cet homme fort du Trésor, qui a occupé plusieurs postes clés dans les gouvernements de Sarkozy et Macron, a répondu aux préoccupations en soulignant que sa carrière n’était pas exclusivement liée à celle du président actuel.
Les réactions sont immédiates : le député RN Jean-Philippe Tanguy fustige cette nomination, la qualifiant de « mascarade » et accusant le président d'installer « ses copains pour maquiller la faillite du système » et de représenter « l'État profond ». Son collègue Jérôme Buisson renchérira en affirmant : « Macron verrouille le système ».
Jordan Bardella, président du RN, a lui aussi dénoncé le vote des Républicains en faveur de cette désignation. Selon lui, cela démontre la collusion entre parties, dénonçant les promesses de ruptures radicales énoncées par des figures du parti Les Républicains.
Du côté des Insoumis, les critiques fusent également. Éric Coquerel met en avant son inquiétude concernant « l’indépendance de la Banque de France », tout en dénonçant des pratiques qu’il juge autoritaires de la part du chef de l'État. Aurélien Le Coq, quant à lui, se fait l'écho du même sentiment, souhaitant mettre en lumière une stratégie de « verrouillage » des institutions publiques.
En effet, cette nomination n’est pas un cas isolé. Pour l'opposition, des désignations récentes, telles que celle d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, témoignent d'une volonté de contrôle sur des institutions pourtant supposées être indépendantes. La tension politique est palpable, laissant présager des débats enflammés dans les mois à venir.







