"Il se moque de moi. Il se moque de ma dignité". Le maire de Béziers, Robert Ménard, n'a pas tardé à répondre à Laurent Nuñez après que ce dernier ait critiqué son refus de célébrer un mariage en 2023 entre une Française et un Algérien en situation irrégulière. Ménard, qui fera face à un procès prochainement, s'est exprimé sur BFMTV, affirmant qu'il avait agi conformément à l'opinion de nombreux Français.
"Et la morale, la logique, le bon sens?" a-t-il ajouté avec véhémence. "Je prends très mal les propos du ministre de l'Intérieur. La peur des représailles pèse sur les maires, et beaucoup choisissent de ne pas agir comme moi."
Laurent Nuñez a affirmé que Ménard "aurait dû respecter la loi" en célébrant le mariage, rappelant que l'État de droit ne permet pas à un maire de bloquer un mariage dans de telles situations. Il a également suggéré que la législation pourrait évoluer pour permettre aux maires de signaler des cas douteux aux procureurs.
Une accusation lancée : manque de courage ?
Ménard a exprimé son désaccord avec la réponse de Nuñez et lui a demandé d'avoir le courage nécessaire pour changer les choses. "J'attends un peu de courage. Plutôt que de dire des banalités, qu'il agisse pour me libérer de ce dilemme", a-t-il insisté.
"Je suis ravi d'avoir pris cette décision. Sinon, ce débat n'aurait jamais eu lieu", a-t-il ajouté.
Selon l'article 63 du Code civil, seul le ministre concerné peut s'opposer à un mariage dans ce type de situation. Cependant, Ménard a qualifié cette loi d'"ubuesque" et a réitéré qu'il ne s'y pliera pas. "Monsieur Nuñez n’a qu’à me faire emprisonner, je l’accueillerai peut-être avec des oranges", a-t-il plaisanté.
Le refus de Ménard d’unir Eva, une Française, avec Mustapha, un Algérien en situation irrégulière, a soulevé un débat national sur les responsabilités des officiers d'état civil et leurs obligations légales. Il sera jugé le 30 septembre devant le tribunal correctionnel de Montpellier, risquant jusqu'à cinq ans de prison et une amende de 75.000 euros, tout en s'exposant à potentiellement perdre son poste de maire.







