Le Code noir, ensemble d'écrits royaux des XVIIe et XVIIIe siècles, régissant l'esclavage, n'a jamais été formellement abrogé, malgré son obsolescence juridique. Lors d'une réception à l'Élysée célébrant le 25e anniversaire de la loi Taubira, reconnue pour sa lutte contre l'esclavage, Emmanuel Macron a déclaré que "son maintien est comme devenu une faute, une trahison de ce qu'est la République". Il a exprimé son soutien à la forme d'abrogation symbolique initiée par le Parlement, en appelant le gouvernement à adopter la proposition de loi votée à l'unanimité en commission.
La décision de procéder à cette abrogation fait partie d'un mouvement de reconnaissance des injustices passées, réalisées notamment dans le cadre d'une loi adoptée pour reconnaître la traite et l'esclavage comme un crime contre l'humanité.
"Il ne faut pas faire de fausses promesses" sur les réparations
En parallèle, Emmanuel Macron a abordé le sujet délicat des réparations pour l'esclavage, qu'il considère comme une question "immense" nécessitant une "reconnaissance" préalable. Le président a souligné la complexité du sujet en affirmant que "nous ne pourrons jamais réparer ce crime totalement", car cela demeure impossible. Il a conseillé de ne pas faire de fausses promesses tout en admettant la nécessité d'une prise en compte des demandes de justice qui émergent autour de cette thématique.
Christiane Taubira, ex-ministre de la Justice, a également pris part au débat en rappelant une résolution récente des Nations Unies, qui qualifie l'esclavage et la traite d'Africains comme "les plus graves crimes contre l'humanité". Bien que la France, tout en s'abstenant de voter, ait soutenu la position de ne pas créer une hiérarchie entre les crimes contre l'humanité, Emmanuel Macron a reconnu la légitimité des appels à la justice. Ainsi, il a annoncé un projet collaboratif avec le Ghana pour mettre en place un "travail scientifique international", dans l'espoir d'élaborer des recommandations concrètes aux décideurs politiques concernant cette problématique, sans toutefois éclaircir si celles-ci impliqueraient des réparations. Ce sujet continue d'alimenter les débats au sein de la société française, renforçant l'importance d'une démarche réfléchie et concertée autour du passé colonial.







