TRIBUNE. Éric Ciotti, président du groupe UDR, Éric Michoux, rapporteur du texte interdisant les mariages d’OQTF, ainsi que le sénateur centriste Stéphane Demilly, se rejoignent pour demander aux députés de tous bords d'agir responsablement lors de la niche UDR demain. Leur objectif : mettre un terme à l'obligation imposée aux maires de marier des individus en situation irrégulière.
Chaque année, des milliers d'étrangers reçoivent une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) de la part de l'État. Ironiquement, cet État contraint pourtant ses maires à unir plusieurs dizaines de ces personnes, ouvrant ainsi une possibilité de régularisation pour celles qui sont censées être éloignées du territoire. Une contradiction qui fragilise les élus locaux et remet en question la crédibilité de la République.
Les cas de maires placés dans des positions délicates sont nombreux. Par exemple, Stéphane Wilmotte, maire d'Hautmont, a reçu des menaces de mort après avoir refusé de marier un individu sous OQTF, alors que dans d'autres cas, des maires comme Olivier Bourjot de Chessy se sont vus infliger des astreintes de 500 euros par jour pour des refus similaires. Robert Ménard, maire de Béziers, a même été convoqué devant un procureur pour avoir pris une décision analogue.
Ces situations, qualifiées de « mariages blancs », soulèvent des questions d'ordre moral et légal. L'État, après avoir contraint les élus à ces unions, se retrouve à indemniser des personnes qu'il avait lui-même décidé de renvoyer. La proposition de loi de Stéphane Demilly, adoptée au Sénat, vise à mettre un terme à cette aberration en conditionnant la célébration de ces mariages à la régularité du séjour des deux époux. Une solution à la fois simple et efficace qui appelle maintenant le soutien de l'Assemblée nationale.
Il est grand temps que cette incohérence disparaisse du droit français. Depuis plusieurs années, des personnalités politiques de tous horizons, y compris Emmanuel Macron et Gérald Darmanin, ont exprimé leur volonté de corriger cette situation. Avec le soutien des groupes politiques de l'Union des Droites pour la République et du Rassemblement National, une majorité pourrait émerger pour cette réforme sensée.
Lors d'une première tentative de vote en juin 2025, le courage avait fait défaut. Espérons que, cette fois, le bon sens l'emporte. Demain, durant la niche parlementaire de l’UDR, tous les regards seront tournés vers les députés tandis que les maires et conseillers municipaux, à travers le pays, attendent des décisions responsables. Protégeons nos élus, défendons nos principes républicains et mettons un terme à cette situation absurde.







