Darmanin défend son projet de justice criminelle face aux critiques de la gauche

Un ministre sous pression : Darmanin défend son projet à l'Assemblée face à une opposition virulente.
Darmanin défend son projet de justice criminelle face aux critiques de la gauche
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, répond aux questions posées au gouvernement lors d'une séance à l'Assemblée nationale, à Paris, le 30 juin 2026. - KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, se retrouve sur la sellette depuis la découverte tragique du corps d'une fillette de 11 ans dans le Gers, déclenchant des appels à sa démission.

Ce mardi 30 juin, Gérald Darmanin était dans l'hémicycle pour présenter son projet de loi sur la justice criminelle. L'atmosphère était tendue, les élus de gauche profitant de cette occasion pour critiquer le ministre, dont la position a été fragilisée par l'affaire Lyhanna.

Depuis la tragique découverte du corps de l'enfant le 4 juin, Darmanin fait face à des demandes de démission et à une fronde des magistrats. Ces derniers lui reprochent d'avoir remis en question leur profession à la suite d'un meurtre qui a profondément choqué la nation, comme l'indique le rapport de la magistrature.

La députée de la France insoumise, Gabrielle Cathala, a affirmé : "La plupart des agents de l'institution judiciaire, comme les Français, attendent votre départ, Monsieur Darmanin."

Les accusations ont vite pris une tournure personnelle, notamment lorsque LFI a évoqué une plainte classée sans suite en 2018, liée à des accusations portées contre Darmanin. Ce dernier a réagi vivement en évoquant un flot de "contrevérités et d'insultes" venant de l'opposition.

La députée socialiste, Colette Capdevielle, a ensuite accusé Darmanin de laisser un vide législatif, qui pourrait permettre la libération de mineurs accusés de crimes imminents. "Qu’allez-vous dire aux victimes?" a-t-elle questionné, exprimant l’urgence d'agir.

Malgré les tensions, l'hémicycle a rejeté les motions de rejet des députés LFI et a commencé à examiner le contenu du projet. Ce dernier a pour but de réduire le nombre croissant d'affaires criminelles dans les tribunaux, alors que près de 6.000 d'entre elles attendent d'être jugées, d'après le ministre.

La loi amputée du "plaider coupable"

Initialement, le projet incluait une nouvelle procédure de "plaider coupable" pour permettre des négociations de peine entre les accusés et les victimes. Cependant, cette mesure a été éliminée dans l'hémicycle en raison des inquiétudes soulevées par diverses associations et avocats, notamment concernant les crimes sexuels.

En réponse aux critiques, le gouvernement a convenu de retirer cette disposition pour éviter des tensions supplémentaires.

Un "héritage de la Révolution" à préserver

Lors des débats, la députée RN, Sylvie Josserand, a souligné : "Il n'est pas question de faire entrer dans notre droit un changement de culture, une justice négociée, rendue à huis clos." Tandis que la gauche reste sourde à la plupart des propositions, des discussions se poursuivent sur l'extension des compétences des cours criminelles départementales.

Les députés ont fait valoir la nécessité du "jury populaire" des cours d’assises, considérant cela comme un héritage fondamental de la Révolution française. Les controverses devraient se poursuivre jusqu'à vendredi.

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