L'essentiel
- Marine Le Pen a été condamnée en appel à 45 mois d’inéligibilité pour détournement de fonds publics.
- Malgré cet obstacle, elle maintient sa candidature à la présidentielle de 2027.
- Les premiers sondages montrent qu'elle pourrait ne pas être affaiblie par cette décision judiciaire.
« Les faits sont graves », a souligné la juge lors du délibéré concernant l'affaire des assistants parlementaires européens du FN, en précisant qu'ils impliquaient des élus responsables de l'intérêt public. Marine Le Pen, condamnée pour détournement de fonds publics, fait face à 45 mois d’inéligibilité, dont 30 avec sursis et une peine de trois ans de prison, dont un an sous surveillance électronique. À un an des élections présidentielles, cette décision judiciaire ne pourrait-elle pas influencer le choix des électeurs ?
Une stratégie de victimisation
En annonçant faire appel de cette décision, Le Pen compte être perçue comme « présumée innocente » jusqu’à l’arrêt de la Cour de cassation. Le procureur général a même affirmé que tout serait mis en œuvre pour rendre une décision avant la présidentielle, prévue pour le 18 avril 2027. Mais si son pourvoi venait à être rejeté, cela pourrait lui causer des complications de dernière minute.
« Nos adversaires vont intensifier les attaques, mais Marine a un cuir épais », réplique Gilles Pennelle, eurodéputé RN. Depuis l’ouverture du procès, le Rassemblement national mise sur un discours de victimisation et critique ouvertement les institutions judiciaires.
Sondages encourageants malgré tout
Les précédentes affaires ayant touché d'autres figures politiques, comme François Fillon en 2017, ont souvent eu des effets désastreux sur leurs campagnes. Cependant, plusieurs soutiens de Le Pen pensent que la situation actuelle est différente. Comme le dit un de ses partisans, « les Français veulent garder le contrôle de leurs choix électoraux ».
Lors d'un sondage Ifop pour LCI, Le Pen a vu son soutien augmenter, atteignant 36 % d'intentions de vote, soit 17 points devant Édouard Philippe. D'autres études confirment cette tendance, suggérant que la condamnation en appel ne nuit pas à sa popularité. Cette affaire ne manquera cependant pas d'être exploitée par ses opposants pendant la campagne.







