Un moment marquant dans la législation française, le Parlement a approuvé, mercredi, le droit à l'aide à mourir, une réforme tant attendue durant la présidence d'Emmanuel Macron. Ce vote a été salué par les partisans du texte, tandis que ses opposants se tournent maintenant vers le Conseil constitutionnel.
L'Assemblée nationale a voté à 291 voix contre 241 (avec 29 abstentions) la proposition de loi portée par l'ex-député Olivier Falorni, qui était présent et célébré par ses anciens collègues. Ce vote survient après trois rejets par le Sénat, marquant une étape significative pour la législation française.
Avec ce texte, la France rejoint les pays comme la Belgique, les Pays-Bas, ou le Canada, qui ont déjà légalisé l'euthanasie ou l'assistance au suicide. "C'est un grand texte pour notre République", a déclaré Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée, félicitant l'initiative.
Ce projet a vu une majorité de votes favorables de la gauche et des macronistes, tandis que la droite et l'extrême droite s'y sont opposées. Chaque groupe a toutefois laissé ses membres libres d'exprimer leur opinion sur ce sujet sensible. Brigitte Liso (Renaissance) a affirmé que cette loi serait marquée dans l'histoire.
Le député RN Christophe Bentz a tenté de persuader ses collègues de rejeter ce qu'il a qualifié de "texte de mort". Ce vote représente la réalisation d'une promesse cruciale de la présidence Macron, comme l’a souligné le chef de l’État sur X, remerciant les parlementaires pour leur engagement dans ce débat.
Emmanuel Macron a lancé une convention citoyenne en 2022 pour explorer cette question, qui a conclu en faveur d'une "aide active à mourir" en février 2023. Son engagement a conduit à ce vote, bien qu'il ait fait face à des oppositions, notamment au sein des partis de droite.
Avant que cette loi ne soit promulguée, le Conseil constitutionnel sera saisi pour examiner certains points, comme le délai de réflexion de deux jours pour les malades. Cette décision devrait intervenir autour du 15 août. La porte-parole Maud Bregeon a affirmé que cette démarche a été réalisée en concertation avec le président.
Le droit à l'aide à mourir sera accessible uniquement aux patients majeurs atteints d'une maladie incurable qui mettent en danger leur vie et qui peuvent émettre leur volonté de manière éclairée. Un médecin vérifiera leur éligibilité avant qu'une évaluation collégiale ne valide la demande.
Tout au long de la journée, les partisans et les opposants ont exprimé leurs positions à l'extérieur de l'Assemblée. Jonathan Denis, de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a affirmé que l'association continuera de défendre le libre choix dans les cas d'assistance au suicide.
Malgré l'adoption de ce texte, des oppositions continuent de s'exprimer. Des membres d'Alliance Vita ont manifesté leur désapprobation, affirmant que le vote ne transforme pas cette loi en justifiée. De leur côté, l'Église de France a exprimé sa préoccupation face à ce qu'elle considère comme une grave rupture éthique dans la société.







