La récent ouverture de la nouvelle classe affaires Optimum par la SNCF, conçue pour un public professionnel, a provoqué un tollé. L'entreprise a dû clarifier qu'elle n'exclue pas les enfants.
Tout a commencé avec une publication du compte Instagram du podcast "Les adultes de demain", qui a mis en lumière cette communication de la SNCF, soulignant que les enfants ne seraient pas autorisés dans cette classe premium, lancée le 8 janvier pour remplacer la Business Première.
Dans le document promotionnel diffusé par SNCF Voyageurs, il était clairement mentionné : "Pour garantir un maximum de confort à bord de l'espace dédié, les enfants ne sont pas acceptés." Stéphanie d'Esclaibes, fondatrice du podcast, a exprimé son indignation : "Une ligne rouge a été franchie. La première entreprise publique de transport français cède au +no kid+".
En réponse à cette polémique, la SNCF a tenu à rassurer les familles, affirmant que "tous les enfants [sont] les bienvenus à bord". L’entreprise a précisé que la classe Optimum visait à répondre aux besoins des clients professionnels, et a souligné que ce type d’offre n’était pas nouveau, puisqu’un système similaire existait déjà dans la Business Première.
Dans un contexte concurrentiel croissant face à des acteurs comme Trenitalia, la SNCF cherche à capter la clientèle d'affaires, un segment particulièrement rentable.
Cette décision a suscité des réactions vives, notamment de la part des élus. Le député LFI François Ruffin sur X a déclaré : "Une société qui préfère des espaces sans enfants plutôt que des espaces sans écran est une société malade." Fabien Roussel (PCF) a décrié une normalisation de l'inacceptable en stipulant que "un service public doit protéger et non exclure".
Bruno Retailleau (LR) a également critiqué cette politique, affirmant qu'"exclure les enfants, c'est exclure l'avenir". Marion Maréchal, eurodéputée d'extrême droite, a décrit cette exclusion comme un "message anti-famille", ajoutant : "notre pays a tellement besoin d'enfants".
L’Insee a récemment publié des données alarmantes : pour la première fois depuis 1945, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances. En 2024, 645 000 bébés sont nés, soit une baisse de 2,1% par rapport à l'année précédente.
Constance de Pélichy, députée Liot et présidente d'une mission sur la natalité, a dénoncé cette tendance "no kids" comme étant en totale contradiction avec les enjeux démographiques actuels de la France.
Face à cette montée de critiques, la SNCF a reconnu avoir formulé une "stratégie marketing maladroite" et a retiré l'expression problématique. Les places Optimum, qui ne représentent que 8% de l’offre totale, sont limitées aux jours de semaine. En revanche, 92% des autres places restent accessibles à toutes les familles, notamment le week-end.
Gapelle Babault, directrice des offres TGV Inoui, a tenu à rappeler que des tarifs réduits pour les enfants et adolescents ainsi que des "espaces familles" sont disponibles dans diverses configurations. Elle a aussi précisé que la SNCF avait toujours refusé les demandes pour des voitures entières sans enfants.
Enfin, Sarah El Haïry, haut-commissaire à l’Enfance, a demandé une rencontre avec le PDG de la SNCF, Jean Castex, évoquant que "une société qui accueille bien ses enfants est une société qui va bien". Elle a suggéré une réévaluation de l'offre Optimum afin d'inclure aussi les familles.







