Édifié sans autorisation dans une zone littorale protégée, ce promenoir de 200 mètres doit être démoli suite à une décision de la justice administrative. Le maire Jordan Dartier remet en question les délais imposés et souhaite préserver l’esplanade qui le jouxte.
Entre la critique d’une situation digne d'un roman de Kafka et une réflexion humoristique à la Raymond Devos, le tribunal administratif de Montpellier (Hérault) a rendu un jugement ordonnant la destruction immédiate de cette structure de 200 mètres qui surplombe les dunes de Vias Plage. Le tribunal a confirmé que cette construction municipale est illégale, car érigée à 2 mètres de hauteur dans la bande des 100 mètres de littoral, territoire qui ne permet aucune exception. De plus, le promenoir et son parking ont été bâtis sans permis, malgré les avertissements des autorités compétentes.
La préfecture de l’Hérault, à l'origine de cette saisine, estime que le coût de la destruction de cet équipement, qui a déjà coûté 8 millions d’euros, sera d’environ 1,5 million d’euros supplémentaire.
Délais impossibles selon le maire
Cependant, le malentendu se niche souvent dans les subtilités. Le jugement laisse entendre que l’esplanade adjacente, également construite sans autorisation, pourrait échapper à la destruction. Jean Lou Raymond, membre de l’association Vias mon village, signale que « le texte n’est pas clair. On ignore si l’esplanade fait référence à la partie au sol contiguë à la structure ou à la place surplombant la plage. Toutefois, la démolition est bien ordonnée. »
Pour sa part, le maire Jordan Dartier exprime son sentiment de résistance. « À mes yeux, il n’y a pas de défaite. Mes opposants, y compris ceux de la préfecture et les écologistes, espéraient éradiquer tout, mais nous allons nous battre pour préserver l’esplanade. Cependant, les six mois qui nous sont impartis pour la destruction durant la haute saison semblent irréalistes. » Depuis trois ans, Dartier a perdu huit procès concernant ce dossier, dont trois devant le Conseil d'État.
Sur ce promenoir controversé offrant une vue spectaculaire sur la Méditerranée, beaucoup de promeneurs sont perplexes. Michelle, une retraitée de Vias Plage, s’épanche, « C’est un lieu magnifique, quel gaspillage de le démolir ! » Sa fille Agathe, qui vit entre le Languedoc et Washington, partage ses préoccupations : « Qui va couvrir ces frais ? Avant, il y avait un rond-point peu engageant ; aujourd’hui, ce lieu génère des centaines d'images sur les réseaux sociaux. »
Alberto, l’époux d’Agathe, ajoute : « N’est-il pas absurde que les contribuables endossent la charge d’un projet dont ils n’auront plus la jouissance ? » La prochaine étape judiciaire se déroulera le 9 février, alors que la cour d’appel de Montpellier se prépare à émettre son verdict, pouvant entraîner des amendes substantielles pour la commune et son maire, toujours pour avoir construit sans permis. À l’heure actuelle, l'esplanade pourrait continuer d'exister mais des rebondissements sont annoncés ; la préfecture pourrait avoir une vision différente de son avenir.







