En matière de relations internationales, une maxime des diplomates résonne : il n'existe ni bonne ni mauvaise conscience, seulement des dilemmes moraux. Cette réalité s'illustre tragiquement avec les récentes frappes israélo-américaines en Iran. Quelle valeur accorder à cette situation ? Devons-nous dénoncer une nouvelle violation des normes internationales ou considérer cela comme une avancée dans la lutte contre un tyran ? Les deux positions soulèvent des questions épineuses sur la légitimité des actions militaires en dehors d'un cadre international.
La question fondamentale se pose : la force est-elle supérieure au droit ? Des figures comme Dominique de Villepin arguent que non. Malgré le soulagement face à la chute d'Ali Khamenei, elles insistent sur les conséquences incertaines de cette agression et rappellent que la démocratie ne pourra jamais être imposée par la force. Elles plaident pour un renforcement de l'ordre juridique international, sans lequel les intérêts de quelques empires dominants pourraient prévaloir sur le reste du monde.
Cependant, dans un monde où règnent la brutalité et le cynisme, invoquer le droit international semble insuffisant. Ce cadre, censé prévenir les guerres, est de moins en moins respecté. Les États-Unis ont enfreint ses principes en Irak en 2003, tout comme la Russie en Géorgie et en Ukraine. Quand aux États-Unis, leur récente opération contre Nicolas Maduro en est un exemple flagrant. Quant à l'ONU, son influence est minée par un manque de ressources et un conseil de sécurité dominé par des régimes autoritaires.
À l'ère de Trump, Xi, et Poutine, le langage du rapport de force prime. Dans ce contexte, les récentes annonces d'Emmanuel Macron, qui vise à associer plusieurs pays européens à une "dissuasion nucléaire avancée", pourraient renforcer une forme d'équilibre à cette instabilité.
La charte de l'ONU, qui prône la coopération pour résoudre les conflits et garantit le respect des libertés fondamentales, demeure un référentiel essentiel. Elle fixe une direction, même si atteindre cet objectif nécessite des puissants défenseurs. Il ne faut pas choisir entre le droit et la force, mais plutôt envisager une synergie entre les deux.
L’ONU n’a plus d’influence. Et son conseil de sécurité est verrouillé.







