La guerre en Iran “nous met face à nos contradictions”, écrit le rédacteur en chef du journal libanais “L’Orient-Le Jour”. Alors qu'elle transporte le monde vers une ère où la force impose sa loi, la guerre apparaît comme la moins mauvaise des solutions face au régime répressif des mollahs.
Les raisons de s’opposer à cette guerre sont nombreuses. Elle est menée en totale violation du droit international par un homme, Donald Trump, dont l'objectif principal semble être la défense de ses propres intérêts au détriment de toutes les valeurs éthiques. De plus, cette guerre pourrait répondre aux ambitions d’un autre acteur, Benyamin Nétanyahou, dont les actions à Gaza et en Cisjordanie ont redessiné le paysage du Moyen-Orient.
Ce conflit nous enferme dans un monde où ceux qui détiennent le pouvoir peuvent agir sans rendre de comptes, allant jusqu’à éliminer des chefs d’État. La situation actuelle renforce également l’hégémonie militaire israélienne dans la région. Dans ce contexte, la guerre s'avère aussi incertaine que légitime, et les conséquences pourraient perdurer pendant des décennies.
Néanmoins, nous ne nous opposons pas aussi fermement que nous le devrions. Il est probable que nous regrettions un jour notre position, similaire à celle des intellectuels ayant soutenu l’invasion américaine de l’Irak en 2003, qui s'est révélée être un désastre pour le Moyen-Orient. Bien que la guerre lancée le 28 février par les États-Unis et Israël semble inefficace, il apparait qu'elle soit la moins risquée à notre portée dans une situation dégradée où toutes les autres options sont vouées à échouer.
Cette guerre remet en question nos principes. Que serait l’alternative ? Même affaibli, le régime iranien pourrait tenir sans un usage conséquent de la force et s'accrocher à son pouvoir, allant jusqu'à massacrer son peuple. Un accord diplomatique sur le nucléaire ne serait viable que si ce dernier n’était pas un atout pour la survie du régime et de la population.
Après avoir décapité le régime iranien, quel plan ?
L'usage de la force dans un conflit au Moyen-Orient est souvent illusoire. Espérer un changement de régime sans intervention militaire est une pensée naïve. Un régime construit autour de la violence semble irrécupérable sans créer le chaos. Les responsabilités des décisions échappent autant à Trump et Nétanyahou qu’à Khamenei, le guide suprême, dont le régime a provoqué tant de souffrances.
Les conséquences des actions menées par les puissances occidentales sont critiques. Si elles réussissent à affaiblir le régime iranien au point qu'il cède la place à de nouvelles manifestations internes, nous assisterons alors à une transformation d’une ampleur historique. Cependant, si le régime persiste, la question demeure : sont-elles prêtes à mener une guerre d’attrition ? Un gouvernement sécurisé pourrait mener à un désastre.
Le point d’orgue de la reconfiguration régionale
Le régime de Khamenei a causé de tels dégâts que même une victoire contre lui ne garantira pas un avenir serein. Quelle que soit l'issue du conflit, le Moyen-Orient marquera la fin d'une époque fondée sur l'extrémisme. Toutefois, la question primordiale reste : est-ce que le nouveau Moyen-Orient sera un lieu de paix ou de nouvelles tensions ?
L'essentiel n'est pas de débattre de la valeur de l'ancien ou du nouveau régime, mais plutôt d'établir un équilibre permettant de sortir de cette ambiguïté actuelle. Il faudra surveiller attentivement ce que cette guerre signifie pour l'avenir de la région.







