Dans cette commune emblématique du Cap Corse, divisée en 17 hameaux, les prochaines élections municipales sont marquées par trois enjeux principaux : la révision du plan local d’urbanisme, la gestion des biens sans maître, et la réhabilitation de la Casa Dominici, qui doit accueillir quatre logements communaux.
Entre mer et montagne, Luri se prépare à un scrutin où les dossiers abordés sont particulièrement concrets. Anne-Laure Santucci, actuelle maire depuis 2020, sollicite un nouveau mandat avec un bilan qu'elle qualifie d’« extrêmement positif », mettant en avant des investissements de l'ordre de 11 millions d’euros en six ans. En face d’elle, Antoine Cervoni, menuisier de 44 ans, élu depuis 2007 et fils de l’ancien maire Dominique Cervoni, souhaite apporter « une alternative à la population » et affirmer la voix des jeunes, selon ses dires.
Pour soutenir son bilan, Santucci présente trois projets majeurs : l'installation d'un distributeur automatique de billets financé par la commune, la modernisation du réseau d’eau potable, et un travail renforcé dans les hameaux, qui, selon elle, contribue au rayonnement culturel de Luri. Cervoni, bien qu’il ne conteste pas ces réalisations, pointe du doigt le fait que certains projets, comme ceux d’assainissement ou d'église, avaient été initiés durant le mandat précédent de son père. Selon lui, le plan local d’urbanisme doit être revu pour mieux répondre aux besoins des citoyens.
Logement et foncier, cœur du duel
Cervoni estime que le PLU est « un outil essentiel pour le développement de la commune », devant être complété par un plan de prévention du risque d’inondation. Il critique un échec des révisions passées, soulignant que « 35 000 euros ont été perdus » sans résultats concrets. En réponse, Santucci assure que les cadres législatifs sont en constante évolution pour s’adapter aux nécessités du territoire en concertation avec les services de l'État.
Le véritable point de divergence demeure le logement. Anne-Laure Santucci défend l’acquisition de biens vacants comme une initiative visant à revitaliser le marché locatif et à renforcer l’attractivité résidentielle. Bien qu'il reconnaisse l'importance de ces biens pour des projets d'intérêt général, Cervoni critique la mise en œuvre actuelle, évoquant « un manque de sérieux dans la recherche généalogique ». Santucci rétorque que les procédures sont rigoureuses et accompagnées par des structures législatives appropriées, garantissant ainsi la restitution légale des biens.
La réhabilitation de la Casa Dominici en question
Un autre sujet sensible est la Casa Dominici. Cervoni désigne le projet comme étant « à l’arrêt » et s’inquiète des coûts supplémentaires que pourraient engendrer les travaux à effectuer. Santucci qualifie ce projet de « prioritaire » et rappelle qu'il bénéficie d’un financement de 700 000 euros, dont 80 % issus de l'aide de la Collectivité de Corse.
Concernant l'économie locale, Santucci soutient une vision stratégique intégrant le statut de « Petite Ville de demain » et l’appui de la Banque des Territoires. En revanche, Cervoni souligne qu'il est illusoire de croire à la création d'une zone artisanale en raison des contraintes légales et préconise à la place d'autres priorités, comme la création d'une maison médicale.
En 2020, la mairie avait été obtenue de justesse. Les Luresi auront bientôt l'occasion de décider s'ils souhaitent continuer sur cette voie ou ouvrir un nouveau chapitre pour leur commune.







