Dans un tournant inattendu pour les municipales à Paris, Pierre-Yves Bournazel a annoncé son retrait de la compétition ce mardi 17 mars, après la fusion controversée de sa liste avec celle de Rachida Dati. Sa décision ne laisse pas indifférente la classe politique parisienne.
Bournazel, qui avait clairement déclaré qu’il ne rejoindrait aucune liste s'il ne pouvait pas être en position de conduire l’alternance, a tenu ses promesses. Son départ fait encore des vagues, surtout après une fusion tumultueuse avec la république de Dati qui, à première vue, semblait être une stratégie de ralliement.
Interrogé sur France 2, le candidat Horizons-Renaissance, qui a terminé quatrième avec 11,34 % des voix lors du premier tour, a affirmé qu'il ne figurera « sur aucune liste ». Cette déclaration vient à l'encontre des attentes de la droite parisienne, tant pour les électeurs que pour les observateurs politiques.
« Un désaveu majeur »
Face à ce retrait, Emmanuel Grégoire, candidat socialiste et ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo, a rapidement réagi. Sur France Inter, il a qualifié le départ de Bournazel, ainsi que de Clément Beaune, d'« ultime désaveu » pour Rachida Dati. Grégoire a loué le sens des responsabilités de Bournazel tout en dénonçant les conditions de la fusion des listes, qui, selon lui, s’apparente à une « trahison » envers ses électeurs. « Les Parisiens lui ont confié leur vote pour éviter une victoire de Dati », a-t-il souligné.
Les interrogations sur la stratégie qui a mené à cette fusion continuent de résonner, alors que Grégoire évoque la pression exercée sur les candidats pour aligner leurs intérêts avec ceux des appareils politiques, mettant en doute l'intégrité de cette alliance.
Soutien inattendu pour Bournazel
Du côté de Dati, l’ambiance est tout autre. Marlène Schiappa, ancienne ministre et soutien de Bournazel, a exprimé son admiration pour lui, soulignant son dévouement et sa volonté de rassembler. « C’est un homme bien qui mérite d’être salué », a-t-elle déclaré, avant de confirmer son ralliement à la liste de Dati. Toutefois, il est clair que les tensions au sein de leurs négociations étaient palpables, comme l'a rapporté Le Parisien dès le début du processus.
Un second tour décisif
Aujourd'hui, le paysage politique à Paris se prépare pour un second tour crucial le 22 mars. Emmanuel Grégoire est nettement en tête avec 37,98 % des voix, tandis que Rachida Dati doit contenter une base électorale de 25,46 %. Pour capitaliser sur ses absences notables, elle devra rassembler un soutien plus large au sein de la droite parisienne, alors que Sophia Chikirou, candidate LFI, et Sarah Knafo, complètent les quatre têtes de listes en lice pour ce second tour à enjeu décisif.







