Lors du procès en appel, Éric Woerth a tenté de convaincre la cour d'appel de Paris de l'origine des mystérieux 35.000 euros en liquide impliqués dans la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, dont il était le trésorier.
Au troisième jour du procès portant sur les allégations de financement libyen de cette campagne victorieuse, Woerth a admis que, rétrospectivement, il aurait peut-être dû signaler ces étranges remises à la police, comme l'a souligné un magistrat. Il a également exprimé des regrets quant à ne pas avoir informé Sarkozy de ces dons énigmatiques.
"Mais je ne l'ai pas fait", concède Éric Woerth, 70 ans, relaxé en première instance, bien que ses explications aient été jugées "dénuées de toute crédibilité". Selon lui, ces dons étaient "anecdotiques" par rapport au budget global de la campagne, qu'il juge "sincère sur le plan financier".
Nicolas Sarkozy, ancien président incarcéré suite à sa condamnation pour l'affaire des écoutes, a attentivement écouté son ex-ministre. Ce dernier a continuellement nié avoir commis les actes dont il est accusé, cherchant à se défendre dans cette affaire aux répercussions majeures.
L’affaire controversée, qui a émergé en 2011, implique des accusations selon lesquelles Sarkozy aurait cherché à financer sa campagne de 2007 avec des fonds libyens en échange de contreparties diverses, notamment commerciales. Toutefois, aucune preuve concluante n'a été trouvée concernant ces fonds dans la campagne, malgré les soupçons des magistrats.
Éric Woerth a maintenu que cet argent liquidé provenait de remises postales ou déposées anonymement au siège de l'UMP. Il a également signalé que ces généreux donateurs avaient cessé leur soutien après une dizaine d'envois, refusant de profiter de déductions fiscales disponibles pour les dons politiques.
"Je sais bien qu'on ne me croit pas", a-t-il déclaré, refusant d'inventer une "fausse vérité" pour justifier la situation. Woerth a insisté sur le caractère exceptionnel de cette campagne, précisant que des événements inattendus peuvent engendrer des actions surprenantes.
Il a également choisi de ne pas inclure ces primes dans le budget de campagne, les considérant comme n'étant pas des dépenses d'élection puisqu'elles n'apportaient pas de votes supplémentaires. "Les dépenses doivent être traçables", a-t-il précisé.
En parallèle, huit autres prévenus, dont Claude Guéant et Brice Hortefeux, sont présents en appel. Les enquêteurs soupçonnent ces derniers d'avoir négocié un "pacte corruptif" avec un haut responsable du régime libyen, relançant ainsi les interrogations sur les relations entre la France et la Libye sous Khadafi.
En raison de problèmes de santé, Claude Guéant n'est pas présent aux audiences qui se dérouleront jusqu'au 27 mai. Brice Hortefeux, lui, doit comparaître le 25 mars, affirmant qu'il prouvera son innocence face aux accusations.







