L'essentiel
- Alain Carignon, 77 ans, ex-maire condamné pour corruption, arrive en tête des municipales avec 27,04 % des voix.
- Pour contrer cette dynamique, Laurence Ruffin a établi une alliance avec la liste LFI.
- 20 Minutes était à Grenoble lors des dernières expéditions électorales.
De notre correspondant à Grenoble,
Dans les allées du marché Saint-Bruno, Amel distribue des tracts en faveur d'Alain Carignon. « Vous votez à Grenoble ? Votez Carignon ! » s’entend-t-elle auprès des commerçants. La candidature de Carignon, marqué par un passé tumultueux, étonne et divise.
Ce jeudi matin, l’émulation politique est palpable alors que les candidats de la liste "Réconcilier Grenoble" s'activent. Alain Carignon a su surprendre en menant aux élections avec un score serré, propulsant un débat électrique sur l’avenir politique de la ville.
« Son passé est derrière lui »
Sur le marché, Monique, 65 ans, est convaincue. « Je suis derrière Carignon, il remettra de l’ordre ! » Sa déclaration attire le regard perplexe de certaines passantes, dont Samia, qui préfère s'éloigner du débat. Les opinions sont partagées : pour certains, les erreurs du passé ne doivent pas entacher ses nouvelles ambitions.
La candidature de Carignon rappelle des souvenirs amers : condamné en 1996 et ayant purgé 29 mois de prison pour corruption, son retour suscite des inquiétudes. Mais pour Malika, la priorité est à l'avenir : « Ce qui compte, c'est ce qu'il peut apporter maintenant, pas ce qu'il a fait avant », dit-elle.
En face, une résistance tenace
Mais le passé de Carignon est une épine dans le pied pour sa campagne. Certaines voix s'élèvent contre lui, le qualifiant de "repris de justice". « Nous ne voulons pas d'un ancien prisonnier comme maire », s'élève une électrice en colère, soulignant l'ambivalence que soulève sa candidature.
Aucune des critiques ne semble dissuader ceux qui croient en son potentiel de changement. Jean-Philippe, militant sur la liste "Réconcilier Grenoble", défend leur position. « Les opposants se concentrent sur son passé au lieu des solutions qu’il propose. »
Une campagne sous tension
En parallèle, Laurence Ruffin, candidate novice, mise sur son intégrité et son offre politique. Après avoir scellé une alliance avec la France Insoumise, elle espère amalgamer les voix des électeurs mécontents du système actuel. « Ensemble, nous devons dire non à l'ancien maire », clame-t-elle, propageant un message d'espoir pour changement.
Le climat dans la ville est aussi tendu que festif, chacun camp se préparant pour le second tour. Avec le score de Carignon, ses partisans sont persuadés d’un renversement, affirmant que les Grenoblois souhaitent un changement après douze ans de gouvernance verte.
Comme le souligne Clément Chappet, numéro cinq sur la liste Carignon, « Les gens veulent un vrai changement. Ce n'est pas une question de droite ou de gauche. »
La ville pourrait basculer vers la droite pour la première fois en trois décennies, renforçant ainsi l'importance de cette élection. Alain Carignon, malgré les critiques, s'accroche à cette opportunité avec détermination. « On verra bien dimanche, les Grenoblois ont leur mot à dire », termine-t-il, confiant en la tournure des événements.







