À Santa Lucia di Mercuriu, une cession de 80 m² de terrain s'est transformée en un véritable bras de fer administratif. Ghjiseppu Antone Salviani, un enseignant engagé et acteur culturel, attend une réponse de la Collectivité de Corse depuis déjà 26 mois. Selon sa compagne Johanna, intervenue le 30 avril dans l’émission Le Forum, la situation est devenue « intenable ». Elle souligne : « Un homme est en grève de la faim […] ses droits les plus fondamentaux ne sont pas respectés », ajoutant que cela ne devrait pas en être ainsi pour « une banale cession de terrain ».
Le terrain en question, non constructible et situé en plein cœur de la Corse, semble revêtir un enjeu hautement symbolique. Comme l'affirme Johanna : « Oui, on vous le cède, non, on ne vous le cède pas, mais on veut une réponse ».
Une parcelle au cœur du litige
D'après les dires de Ghjiseppu Antone Salviani, partagé sur les réseaux sociaux, cette parcelle appartient à sa famille, partiellement absorbée lors de la construction d'une route en 1959. Il souligne utiliser cet espace depuis des décennies comme stationnement et affirme avoir fourni des documents, y compris un ancien cadastre, prouvant ses droits. Ce différend a débuté en 2023, à la suite d'un conflit avec le maire qui lui avait demandé de prouver sa propriété. L'enseignant a alors entrepris des démarches auprès de la Collectivité, faisant appel à un géomètre, mais sans obtenir de réponse formelle, ce qu'il considère comme une atteinte à un droit qu'il juge « évident ».
La Collectivité de Corse, contactée, précise que le dossier est en cours de suivi depuis 2024. Elle note que la parcelle relève du domaine public routier, suite aux cessions opérées lors de la construction de la route dans les années 1950. Une réunion sur le site, tenue en juin 2024, a confirmé ce statut. La Collectivité souligne également qu'elle a régulièrement échangé avec Ghjiseppu par téléphone et par mail. Toutefois, selon ses indications, en vertu des règles gouvernementales, un terrain de cette nature ne peut être cédé à un particulier, excepté pour des raisons d'intérêt général. Cependant, des solutions sont en cours d'examen.
Fin de la grève de la faim, en attente d’une issue
Dans un message publié dans la nuit du vendredi 1er mai, Ghjiseppu Antone Salviani a annoncé avoir suspendu sa grève de la faim, après avoir obtenu un rendez-vous prévu le 5 mai. « J’ai décidé de suspendre ma grève de la faim », écrit-il en remerciant la Collectivité et sa présidente par intérim, Bianca Fazi, pour ce rendez-vous. Il maintient cependant ses revendications tout en exprimant un « ras-le-bol total » face à cette situation, décrivant son combat comme un symbole d'une lutte plus large contre l'administration locale. Ce rendez-vous doit permettre d'explorer des solutions de régularisation.







