Ce jeudi, le tribunal de Marseille a requis une peine de prison allant de douze à quatorze ans contre Mickaël Ettori, identifié comme un pilier de la bande corse du Petit Bar et décrit comme un lien entre la criminalité organisée et les milieux financiers.
Les procureurs ont également demandé une amende de 1,5 à 2 millions d'euros et une interdiction de séjour de cinq ans dans les départements corses et en Île-de-France.
À 53 ans, Mickaël Ettori est actuellement jugé pour des opérations de blanchiment profitant à une organisation criminelle qui a longtemps pesé sur la Corse-du-Sud, selon l'accusation menée par Isabelle Candau.
Selon la procureure, M. Ettori a joué un rôle déterminant en reliant le monde caché de la criminalité à la finance légale. "Il a été un véritable pont entre ces deux univers", a-t-elle affirmé.
M. Ettori, arrêté après cinq ans de cavale en Corse, conteste sa condamnation par défaut de douze ans prononcée en mai 2025.
Bien qu'il ait qualifié le dossier de "roman" et de "construction" médiatique, l'accusation a mis en avant l'historique criminel de la bande, impliquée depuis des décennies dans le trafic international de drogues et l’extorsion de commerces.
Les procureurs, Isabelle Candau et Mathieu Bertola, ont expliqué que cette bande criminelle dispose d'une immense richesse, utilisant l'argent pour investir dans le monde des affaires, mentionnant que Mickaël Ettori se situe au cœur d'un "trio de décideurs" aux côtés de deux autres figures clés.
M. Ettori et Pascal Porri ont été décrits comme les "yeux et les jambes" d'un leader, Jacques Santoni, qui, malgré son handicap, influence toujours les opérations du Petit Bar.
Des écoutes téléphoniques révèlent des comptages réguliers de grosses sommes d'argent, avec jusqu'à 680.000 euros comptés en seulement deux jours dans leurs appartements parisiens.
"L'argent circule entre les mains du Petit Bar et financent un train de vie fastueux", ont précisé les magistrats, soulignant la place centrale de M. Ettori dans toutes les transactions d'envergure.
Accusé d'être un "couteau suisse financièrement", il a été au cœur d'importants projets immobiliers, cherchant à rendre la bande respectable à travers des investissements légitimes.
Néanmoins, M. Ettori a tenté de défendre son activité en évoquant un rôle d'intermédiaire sur le marché des montres de luxe, ce qui a suscité le scepticisme de l'accusation, qui a taxé ses prétentions de futiles.
"Je m'accroche à mes mots pour éviter la prison alors que j'ai vendu des montres", a-t-il plaidé, mais l'accusation reste ferme sur ses soupçons d'un patrimoine occulte important.
L'avocat de M. Ettori, Me Bruno Rebstock, a prévu de plaider jeudi soir, tandis que le verdict est attendu pour le 5 mai.







