Acquérir un bien immobilier en Suisse devient de plus en plus complexe pour les étrangers, selon un article de Blick. À partir de maintenant, tous les achats seront soumis à une autorisation préalable. Cette initiative vise à répondre à la crise du logement et intervient à quelques semaines d'un vote sur l'initiative populaire "Pas de Suisse à 10 millions", qui appelle à limiter les flux migratoires.
Le Conseil fédéral a décidé de renforcer les règles encadrant l'acquisition de biens immobiliers par des personnes originaires de pays non européens, comme l'explique Blick. Ces règles, instaurées dans les années 1980 grâce à la Lex Koller, avaient déjà pour objectif de contrer la pénurie de logements et l'inflation des prix du marché immobilier.
Avec ces nouvelles mesures, tout achat d'une résidence principale par des ressortissants de pays non membres de l'Union européenne ou de l'Association européenne de libre-échange (AELE) sera soumis à une autorisation préalable. De plus, si des propriétaires étrangers quittent la Suisse, ils devront vendre leur bien dans un délai de deux ans.
Les restrictions s'étendent également aux résidences secondaires, avec des réductions des contingents annuels dont disposent les cantons pour autoriser les achats d'actionnaires étrangers. De surcroît, les étrangers ne pourront plus acheter d'immeubles commerciaux dans le but de les louer. "L'objectif est d'empêcher les acquisitions motivées uniquement par des investissements", précise un expert du secteur.
Ces initiatives surviennent à l'approche d'un référendum prévu le 14 juin, sur l'initiative populaire "Pas de Suisse à 10 millions", soutenue par le parti de droite radicale UDC. Cette proposition vise à plafonner le nombre de résidents permanents à 10 millions, menaçant ainsi l'accord de libre circulation des personnes avec l'Union européenne. Le Conseil fédéral s'oppose fermement à cette initiative, craignant qu'elle ne remette en question les accords durement gagnés avec Bruxelles en 2024.
Il est intéressant de noter que, dans ce contexte, des investisseurs fortunés en provenance du Moyen-Orient, inquiétés par les conflits dans leur région, se tournent vers l'Europe. Les agences immobilières à Genève et Zurich rapportent un intérêt croissant de la part d'acheteurs, qui étaient auparavant majoritairement attirés par le marché immobilier du Golfe.







