CHRONIQUE. Après trois ans de négociations, le football féminin français franchit un cap historique avec la signature d’une première convention collective à partir du 1er juillet 2026. Les footballeuses, longtemps laissées de côté en matière de droits et de protections sociales, bénéficieront désormais d'un cadre sécurisant leurs carrières.
C’est une avancée majeure pour le football féminin hexagonal. Le 1er juillet 2026 marquera l’entrée en application d’un accord historique, signé entre l’UNFP (syndicat des footballeurs professionnels) et Foot Unis, qui représente les employeurs du football. Ce nouveau cadre, tant attendu, vise à combler le fossé qui séparait les footballeuses professionnelles des footballeurs masculins en matière de droits sociaux.
Pour comprendre ce moment décisif, il est essentiel de rappeler que les footballeurs masculins disposent d’un accord spécifique depuis 1973, suite à une grève emblématique. Au contraire, la structuration du football féminin est encore récente. Si la Fédération Française de Football (FFF) a reconnu officiellement le football féminin en 1970, la structure compétitive n’a été mise en place qu’en 1991.
Un long chemin vers l'égalité
Afin de répondre à leurs revendications, les footballeuses avaient exprimé leur mécontentement dans une tribune publiée dans L’Équipe en avril dernier, soulignant qu’elles nécessitaient un cadre équitable, similaire à celui des hommes, pour protéger leur santé et sécuriser leurs parcours professionnels.
Comme l’a déclaré Eugénie Le Sommer, footballeuse internationale, au sujet de la convention collective : « En tant que membre du comité directeur de l’UNFP, je soutiens sans réserve cette initiative. Il est grand temps que les footballeuses soient traitées de manière équitable. » Cette convention garantit un socle commun de droits, notamment concernant le droit à l'image, la sécurité sociale et des protections en cas de blessures.
Le nouvel accord renforce également le cadre des contrats, en incluant des stipulations pour assurer un maintien de salaire en cas de blessure et une caisse de prévoyance pour le « pécule de fin de carrière ».
Une avancée significative
Ce développement est aussi le résultat de la montée en puissance du football féminin en France, qui attire de plus en plus de spectateurs, comme en témoigne l'Euro de football féminin 2025, qui a réuni 36,1 millions de téléspectateurs. Ce mouvement pourrait également inspirer d’autres disciplines sportives cherchant à établir un équilibre entre les sexes.
Alors que cette convention collective marque un tournant sans précédent, elle incarne l'espoir d’un football féminin enfin épanoui, où les footballeuses bénéficieront des mêmes exigences juridiques et sociales que leurs homologues masculins.







