Lou Trotignon utilise l'humour et l'autodérision pour partager son voyage de transition. À travers son spectacle "Mérou", un poisson capable de changer de sexe au cours de sa vie, il évoque avec authenticité des sujets variés, tels que les injections de testostérone, la mastectomie ou encore les préjugés du quotidien. Son récit résonne profondément au-delà des frontières de la communauté LGBTQI+.
« Pour certains qui ne savent pas trop, je suis madame de dos et monsieur de face. »
Lou, un humoriste parisien, révèle les complexités de son identité au début de son parcours. Il partage son expérience d’avoir été affecté fille à la naissance sans jamais se sentir en concordance avec cette identité. Dans ses mots : « Je n’étais pas né dans la mauvaise enveloppe, mais enfant, je comprenais profondément que je n'étais pas sur le bon chemin. »
Identité et explorations
Lou Trotignon aborde la binarité normative avec finesse, soutenu par ses combats personnels au travers des années. Enfant, il a goûté aux deux côtés de son identité, essayant tantôt la masculinité, tantôt la féminité. « J'ai adopté un style très masculin à l’adolescence et exploré ma féminité jusqu’à faire du strip-tease », confesse-t-il, avant d'ajouter, « je n'ai jamais compris pourquoi la différence était raillée.»
« Ma mère n’a jamais fini de nous aimer et nous soutenir. Maintenant, elle milite. »
Lou conserve encore de l’amour pour son passé. S’il s’identifie aujourd'hui comme un homme, il reste néanmoins attaché aux prénoms qui lui ont été attribués. Sa mère continue à l’appeler affectueusement "ma puce". Pour lui, le lien familial, bien que parfois complexe, a toujours été un pilier de soutien. Elle a évolué au fil de ses expériences, devenant une militante pour les droits LGBTQI+.
L’humour comme outil d’émancipation
Avec un parcours académique en philosophie et un passage par Sciences Po, Lou se tourne vers la scène à 20 ans. Son message est clair : "L'humour est un outil pédagogique qui permet de créer du lien et d’aborder de manière légère des sujets sérieux." Il aspire à offrir une représentation joyeuse et authentique de la transidentité, loin des clichés souvent véhiculés. « Non, les trans ne sont pas toujours tristes. Nous avons aussi nos moments de joie. »
« Il y a des jours avec et des jours sans, comme pour tout le monde ! »
Lou Trotignon ajoute : « La communauté LGBTQI+ a toujours trouvé refuge dans la joie pour faire face à l’adversité. » Il est donc essentiel, selon lui, de célébrer les moments de fierté, tout en éduquant le public sur les réalités des identités de genre.
Combat contre la désinformation
Face à une montée de la transphobie, l’humoriste s’engage à réinformer. « En ce moment, aux États-Unis, les personnes trans sont décrites de manière profondément erronée. Je ressens une tristesse pour ceux qui doivent encore se cacher, » dit-il. Lou aborde le sujet avec sagesse, expliquant que la quête d'identité est universelle et que chacun peut se sentir perdu. Il souhaite que son spectacle serve de pont pour ces conversations essentielles.
(1) Lou Trotignon sera de retour sur scène au Théâtre Femina à Bordeaux le 20 janvier 2027.
(2) Les adelphes désignent des personnes d'une même fratrie sans mentionner leur genre.







