À Laroque-d'Olmes, la saga électorale continue suite à l'annulation de l'élection de Patrick Laffont par le tribunal administratif de Toulouse, le 20 mai 2026. Le maire a décidé de contester cette décision devant le Conseil d'État, un recours qui suspend les effets du jugement et retarde un éventuel nouveau scrutin.
Réélu au premier tour avec 53,71% des voix le 15 mars, Laffont affirme que la décision judiciaire n'est pas fondée. Celle-ci est survenue après qu'un recours a été déposé par Lucas Gracia, membre de l'opposition et colistier de Florence Mola. Les juges ont retenu que plusieurs communications municipales avaient altéré la sincérité du scrutin, appuyées par les arguments de l'opposition.
Le bulletin municipal n° 11, distribué quelques semaines avant le vote, est au cœur de la controverse. Les représentants d'Ensemble pour Laroque ont dénoncé un document destiné à "valoriser le bilan du maire sortant". Le tribunal administratif a considéré ces accusations et validé l'idée que des financements publics avaient été utilisés de manière illégale, comme l'indique Gracia. "Il a été condamné pour financement de campagne illégal", affirme-t-il.
Une stratégie politique en jeu
Lucas Gracia prévoit de poursuivre la procédure jusqu'au bout. "Nous continuerons notre combat devant le Conseil d'État", a-t-il déclaré. Il interprète l'appel de Laffont comme une tentative de "gagner du temps pour rester en poste quelques mois de plus". Son avocat estime que les irrégularités notées dans le jugement, telles que l'octroi de frais de justice, renforcent la crédibilité de la décision initiale.
Vers une décision du Conseil d'État
En contestant la décision, Patrick Laffont espère faire annuler le jugement et éviter une nouvelle élection. En attendant la réponse du Conseil d'État, son exécutif continue de gérer les affaires de la commune. Interrogé par La Dépêche du Midi, Laffont a décliné toute déclaration.
Gracia mentionne que le processus pourrait s'étendre sur quatre à six mois. Le Conseil d'État devra examiner si les irrégularités, notamment l'usage des ressources municipales, étaient suffisamment graves pour justifier l'annulation des élections. En attendant, le climat politique à Laroque-d'Olmes demeure tendu, la situation divisant aussi bien élus qu'habitants.







