Des ruches mortes visibles au rond-point de l'aéroport d'Ajaccio sont le symbole d'une crise qui touche le secteur apicole en Corse. Les apiculteurs, soutenus par le Syndicat de l’AOP Miel de Corse, expriment leur colère et leur inquiétude face à des pertes de colonies alarmantes. Cette année, le taux de mortalité des abeilles a grimpé à 56%, une situation jugée insoutenable par les professionnels du secteur.
Un constat alarmant
Il est désormais difficile de cacher l'ampleur de la crise. Après avoir perdu plus de 50% de leurs ruches, des apiculteurs comme Pierre-François Torre témoignent : "Nous avions 700 ruches et, aujourd'hui, il ne nous en reste plus que 350". Dans un contexte où le changement climatique perturbe profondément les écosystèmes, les apiculteurs alertent sur les conséquences écologiques qui découleraient de l'extinction de ces pollinisateurs. Selon Matteu Tristani, président de l'AOP Miel de Corse, "Les abeilles sont en danger ; elles sont le cœur de notre écosystème".
Des pertes historiques dans les exploitations
Chaque jour, c'est une angoisse pour ces professionnels. Jean-Yves Foignet, vice-président de l’AOP, partage son expérience : "On se lève le matin en se demandant si nos colonies seront toujours là le soir". Les conditions climatiques erratiques exacerbent ce phénomène, menaçant ainsi non seulement leur activité économique, mais aussi l'équilibre écologique de l'île. Sans abeilles, les conséquences sur la biodiversité seraient catastrophiques.
Appel à l'action : un plan de sauvegarde pour l'abeille corse
Face à cette situation critique, les apiculteurs demandent des mesures concrètes. Ils exigent :
- La mise en place d’un plan de sauvegarde spécifique à l’insularité;
- La reconnaissance officielle de la crise apicole en Corse;
- Des aides d’urgence pour compenser les pertes exceptionnelles;
- Un soutien financier renforcé pour la filière sur le long terme.
Les miels de Corse, dont l'Appellation d'Origine Protégée (AOP) est un atout, doivent être protégés. En sauvant les colonies aujourd'hui, c'est un patrimoine culturel et écologique précieux qui est en jeu.
Alors que la mobilisation des apiculteurs continue, il est essentiel que les autorités et le grand public prennent conscience de l'urgence de la situation. La survie de l'abeille insulaire est en jeu, et avec elle, celle de nombreux écosystèmes.







