En ce début d'année, la tension monte parmi les agriculteurs corses, amplifiée par des problèmes persistants depuis plus de deux ans. Ce lundi soir, plusieurs tracteurs ont pris le ferry de Bastia à destination de Marseille, puis continueront vers Gap, Grenoble, et enfin Paris. "C’est une manière d'informer que nos revendications proviennent de tous les coins de France", explique Cyril Caria, représentant de la coordination rurale en Corse.
Alors que les défis administratifs s'accumulent, Caria souligne que la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse, ayant entraîné des abattages massifs, a particulièrement exacerbé les tensions. "Les complications que nous rencontrons n'ont pas évolué, et cela a mis le feu aux poudres," déclare-t-il.
Les revendications ne se limitent cependant pas à cette problématique. Les agriculteurs soulignent des enjeux cruciaux liés à la Politique Agricole Commune (PAC). "Les négociations en cours ne répondent pas à nos besoins. C'est un véritable amateurisme de la part du gouvernement", ajoute-t-il, en appelant à une vision plus globale pour discuter des enjeux agricoles.
Caria critique également le manque de propositions concrètes offrant une véritable solution : "On nous présente des commissions de réciprocité et quelques contrôles. C'est du blabla qui ne change rien à nos préoccupations." Cela reflète un sentiment général parmi les agriculteurs du continent, qui se rencontrent régulièrement pour faire entendre leur voix. Des experts du secteur, tels que les économistes agricoles, notent que cette mobilisation est essentielle pour faire pression sur les décideurs à Paris.
Dans cette dynamique, Caria rappelle que "la politique menée en Corse est décidée à Paris". La voix des agriculteurs corses doit être forte sur le continent pour espérer obtenir des résultats. "Si nous parvenons à faire entendre notre voix au niveau national, ce sera bénéfique pour tous", conclut-il, affirmant que le cœur des préoccupations rurales doit se faire entendre au-delà des frontières insulaires.







