La grève des médecins libéraux, lancée ce lundi 5 janvier pour une durée de dix jours, semble susciter des échos variés en Corse. Alors que les syndicats affirment qu'environ 85 % des médecins en France sont prêts à rejoindre le mouvement, la situation en Corse se révèle plus ambivalente. Le journal Ouest-France rapportait que les praticiens insulaires ressentent un malaise persistant face à un système de santé déjà vulnérable.
Le Dr Jean Canarelli, président de l’Ordre des médecins de Corse-du-Sud, indique que « la mobilisation est complexe à suivre ». Différentes dates de grève en fonction des spécialités ajoutent à la confusion, tout en soulignant un malaise général et un besoin urgent de dialogue avec les instances responsables.
En Haute-Corse, le Dr Bruno Manzi, président du conseil départemental de l’Ordre, constate que la participation à la grève semble inférieure à 50 % dans certains domaines, notamment chez les spécialistes. Les soins d’urgence continuent d'être assurés, un reflet des dilemmes éthiques que la grève suscite parmi les praticiens, comme l’a souligné le Dr François Agostini de la CSMF.
« On ne sait pas faire grève facilement, » avoue le Dr Canarelli. Cette affirmation met en lumière la déontologie qui pousse les médecins à ne pas abandonner leurs patients, même dans un contexte de protestation. Le début de la grève coïncide également avec une période particulièrement délicate pour la santé publique, puisque celle-ci succède aux vacances scolaires, rendant la situation encore plus complexe.
Les revendications des médecins sont claires : le dernier projet de loi de financement de la Sécurité sociale est perçu comme une agression, ajoutant des contraintes sans réelles reconnaissances des difficultés terrain. Des médecins affirment que certains actes chirurgicaux n'ont pas connu de revalorisation depuis des décennies, ce qui en dit long sur la dévaluation de leur travail.
Les praticiens insulaires demandent également une reconnaissance accrue des spécificités de la Corse, un territoire où l’accès aux soins est limité. France Info a récemment évoqué la nécessité de prendre en compte la géographie particulière de l'île, qui complique l'accès aux soins.
Du côté des patients, les réactions varient. Certains, comme Malaury, ont été confrontés à des difficultés d'accès aux soins durant cette période, tandis que pour d’autres, la prise en charge reste fluide. Michel, un patient, reconnaît que bien que les médecins aient raison de se révolter, il est crucial qu'ils continuent à soigner ceux qui en ont besoin.
Face à cette situation, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a promis des mesures pour garantir la continuité des soins, y compris la possibilité de réquisitions de médecins si cela s’avérait nécessaire. En Corse, toutefois, l'ARS informe qu’aucune action de ce type n’a encore été mise en place.
Dans un contexte où les médecins libéraux assurent 80 % des soins de premier recours, les revendications semblent légitimes et le besoin de changement, urgent. La mobilisation de ces professionnels est non seulement un appel à l'attention sur leurs conditions de travail, mais aussi un signal fort sur la santé publique face à un système en crise.







