Jacques Follorou, journaliste d’investigation pour le Monde, analyse l’assassinat récent d’Alain Orsoni comme étant le reflet d'un cycle de violence ancien et troublant. Orsoni, abattu lors des obsèques de sa mère à Vero, a jalonné sa vie de confrontations violentes, de la clandestinité indépendantiste aux rivalités féroces entre nationalistes qui l'ont contraint à l'exil.
De retour sur l'île, Orsoni exprimait des craintes pour sa sécurité, notamment après avoir échappé à une tentative d'assassinat en 2008. Follorou évoque ce meurtre comme porteur d'un "message collectif" : « C’est une façon de dire : “c’est nous qui faisons la loi” ». Cette déclaration fait écho à la perception croissante que la violence a, de nos jours, remplacé le code d'honneur et l'engagement politique.
Les éléments de contexte entourant ce drame soulèvent des questions essentielles sur la manière dont la violence en Corse continue de façonner la société. D'après plusieurs analystes, dont Pierre Poligone, politologue et expert en affaires corses, cet assassinat incarne en quelque sorte "la lutte pour le contrôle entre factions encore actives sur l'île". Les conséquences de ce meurtre vont bien au-delà de la simple tragédie personnelle, en évoquant un héritage de tensions non résolues.
Les médias locaux, tels que Corse-Matin, soulignent que la situation actuelle est plus qu'un simple retour à la violence qui a secoué la Corse durant les décennies précédentes. Elle est aussi le signe d'une nécessité urgente de dialogue et de réconciliation, tant au niveau local qu’international. Dans ce contexte, le message véhiculé par le meurtre d'Orsoni résonne comme un appel à l'attention des responsables politiques et des citoyens.
Face à ce climat, l’avenir de la paix en Corse semble incertain. La nécessité de renouer un dialogue entre les différentes parties prenantes apparaît plus pressante que jamais, tandis que l’ombre de la violence continue de planer sur l’île.







