L'assassinat brutal d'Alain Orsoni, poignardé lors des funérailles de sa mère à Vero, envoie un message fort à la société corse. Jacques Follorou, journaliste d'investigation ayant étudié le crime organisé en Corse, considère ce meurtre non seulement comme un acte de violence, mais comme une déclaration d’autorité qui vise à rappeler l'omniprésence du crime organisé sur l'île.
Follorou, qui a rencontré Orsoni dans un contexte de conflits entre nationalistes dans les années 90, évoque un homme pris dans un réseau d’alliances et d’influences, souvent plus forts que les simples rivalités. Selon ses mots, Orsoni représentait une figure complexe, un chef de clan d'une époque tumultueuse, cherchant à sauvegarder un certain ordre au sein d'une communauté chaotique. En revenant sur l’île après un long exil, il aurait su qu'il était toujours sous la menace de ses anciens adversaires, un fait tragiquement confirmé par sa mort, survenant après une tentative d’assassinat en 2008.
Ce meurtre soulève des questions autour des dynamiques criminelles au sein du Grand Ajaccio et pourrait également faire émerger des rivalités anciennes. Follorou précise que l’enquête fait état d'indices qui pourraient remonter à plusieurs décennies. Il est préoccupé par la portée du message: « C'est une façon de dire : 'c'est nous qui faisons la loi.' » Cette déclaration, selon le journaliste, survient dans un contexte où une voix antimafia se fait entendre en Corse, témoignant d'une lutte contre les anciennes pratiques.
« La violence, c'est la violence », rappelle Follorou, rejetant l'idée d'un code d'honneur parmi les criminels. Pour lui, la brutalité de cet acte, s'étendant même à un cadre sacré comme un enterrement, indique que nul n'est à l’abri. Le meurtre d'Orsoni, tout comme celui d’Antoine Sollacaro en 2012, incarne une réalité glaçante : l'impunité du crime organisé continue de planer sur l'île, laissant planer un sentiment de peur parmi la population.
En conclusion, cet incident tragique souligne non seulement la violence persistante au sein de la société corse, mais aussi l’urgence d’un regard critique sur l’héritage du crime organisé, qui continue d’interroger les rouages socio-politiques de cette terre.







