La commune de Linguizzetta a récemment vu le lancement des premières consultations du programme national "Un médecin près de chez vous", initié pour faire face à l’absence de soins dans les zones rurales. Ce dispositif, basé sur la solidarité entre territoires, vise à apporter une réponse concrète aux localités les plus touchées par la pénurie de médecins.
Ce vendredi 16 janvier, la salle municipale de Linguizzetta a ouvert ses portes aux premiers patients. Selon Thomas Kupisz, sous-préfet de l’arrondissement de Corte, cette initiative est essentielle : « Le sujet des déserts médicaux a donné lieu à un plan d’action gouvernemental en avril 2025. Aujourd'hui, ce programme se concrétise sur le terrain ». Au niveau national, 150 zones classées "rouges" ont été recensées dont deux en Corse : l’Oriente et Pasquale Paoli. Les critères de sélection incluent les pathologies récurrentes, l’offre de soins limitée, et le temps d’attente pour accéder à des services médicaux d’urgence, des aspects confirmant la vulnérabilité de ces territoires.
Une organisation fondée sur la solidarité territoriale
Le programme repose sur l'engagement de médecins volontaires, qui se rendent disponibles une journée par semaine. À Linguizzetta, les consultations ont lieu chaque vendredi, sur rendez-vous via la plateforme MAIIA. Thomas Kupisz souligne l'importance de la collaboration : « Cela nécessite un accompagnement coordonné entre la préfecture, l’ARS, la Caisse primaire d’assurance maladie et les acteurs locaux de la santé ». La mairie met à disposition des locaux tandis que la CPAM couvre les frais des médecins volontaires.
L’ARS Corse supporte également les communes en fournissant matériel médical et informatique. Les médecins engagés facturent leurs actes au tarif conventionnel et reçoivent une compensation forfaitaire de 200 euros par jour. De nouveaux sites ouvriront bientôt, notamment à Castellu di Rustinu et Ponte Leccia, avec l'intention d'élargir le service à Aleria dans l'Oriente.
Un premier volontaire qui revendique « une modeste contribution »
Les consultations à Linguizzetta sont assurées par le Dr Jean-Baptiste Rovere, un médecin généraliste fraîchement retraité. Il déclare : « Ce dispositif ne résoudra pas tous les problèmes. C’est peut-être une goutte d’eau, mais il faut la prendre ». Installé à Bastia, il a cessé son activité au début de l’hiver, mais continue de consulter depuis lors en personne à Linguizzetta. « Ce contact humain est très enrichissant », souligne-t-il, ajoutant que cette proximité culturelle et linguistique favorise la confiance. Bien que son épouse s'inquiète de ses déplacements, il maintient qu'il souhaite contribuer à résoudre des problèmes qui affectent tant de personnes.
Des perspectives nouvelles, notamment pour les jeunes médecins
Au-delà des efforts des praticiens retraités, l'État prévoit une réforme majeure avec l'introduction de « médecins juniors », qui seront intégrés durant leur quatrième année d'internat. Selon le sous-préfet, « Ces jeunes médecins seront déployés dans les zones en tension, apportant une réelle solution. » Pour les habitants de l’Oriente et de Pasquale Paoli, ces nouvelles consultations représentent un premier pas vers une amélioration tangible des soins. Les parties prenantes, notamment l’État, l’ARS, la CPAM et les élus locaux, aspirent à faire de cette initiative un outil durable. Cette quête d’égalité d’accès aux soins entre milieu urbain et rural demeure essentielle, comme le rappelle Thomas Kupisz : « Notre objectif est de garantir le même niveau de soins à tous, peu importe leur localisation ».







